La Chine relance le commerce de produits à base de tigres et de rhinocéros

Tandis que le WWF annonce ce matin le déclin de la faune sur l’ensemble du globe, la Chine légalise de son côté la commercialisation de produis issus du tigre et du rhinocéros, deux espèces en voie d'extinction.

Tigre © Frida Bredesen / Unsplash

60% des animaux sauvages ont disparu en 44 ans. Voilà le bilan que dresse le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport alarmant. Ce taux s’élève à 89 % si l’on considère uniquement les tropiques, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale. Un déclin si rapide qu’il est aujourd’hui cent à mille fois supérieur que celui calculé au cours des temps géologiques.

Parmi les populations animales en voie d’extinction, le tigre est l’une des espèce les plus menacées : 97% ont disparu. Ils ne sont ainsi plus que 3.890 à vivre aujourd’hui dans leur milieu naturel, contre 100.000 il y a une centaine d’années. Sur ses neuf sous-espèces, trois ont déjà disparu (le tigre de Java, de Bali et de la Caspienne) tandis qu’une quatrième (le tigre de Chine méridionale) n’a plus été observé à l’état sauvage depuis les années 70.

Pourtant, la Chine annonce depuis hier une « reprise limitée » de la commercialisation de produits issus de ce mammifère, ainsi que du rhinocéros. Les défenseurs des animaux parlent « d’arrêt de mort » pour ces espèces en danger. « Limitée » car la vente de ces produits ne sera autorisée que dans des circonstances « particulières », explique le gouvernement chinois dans une circulaire signée par le Premier ministre Li Keqiang, soit la recherche scientifique, la vente d’œuvres d’art, la recherche et les traitements médicaux. La poudre issue d’os de tigres et de corne de rhinocéros est en effet utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise, mais ses vertus sont controversées. Les personnes voulant utiliser légalement ce type de produits auront désormais besoin d’une « autorisation spéciale ». La circulaire stipule que seuls les médecins employés par des hôpitaux reconnus par l’Administration nationale de médecine traditionnelle pourront les utiliser à des fins médicales.

Ce type de commercialisation était interdit en Chine depuis 1993, mais le marché noir avait relayé le commerce légal. Et même si cette décision du gouvernement chinois ne concerne que les animaux en captivité, « elle ne pourra qu’accroître la menace sur la faune sauvage », rapporte Sud Ouest. En effet, le nombre de tigres en captivité a augmenté dans le pays ces dernières années : ils seraient actuellement 6.000 à vivre enfermés.

© Matthias Mullie / UnsplashIl reste 25.000 rhinocéros sur la terre dont 1000 sont tués chaque année en Afrique du Sud © Unsplash

Le rhinocéros n’est pas mieux loti. L’Union internationale pour la conservation de la nature classe ses différentes espèces dans les catégories « vulnérable », « quasi-menacée » ou « en danger critique d’extinction ». Selon Antoine Lebrun, directeur général du WWF-Belgique, « il en reste 25.000 sur le globe, dont 1.000 au moins sont tués chaque année rien qu’en Afrique du Sud ». L’une des raisons de cette disparition tragique serait les vertus magiques que certaines populations d’Asie prêtent à leurs cornes. Ainsi, la rentabilité du braconnage est devenue massive au fil des ans : le marché génère un chiffre d’affaires estimé à 19 milliards de dollars, devenant le quatrième plus grand marché illégal au monde.

En plus du tigre et du rhinocéros, les autres animaux extrêmement menacés sont actuellement le requin blanc, l’éléphant d’Asie, le panda géant, le gorille, le dauphin de l’Irrawaddy, le gecko à queue feuillue, le cacatoès, le napoléon (l’un des plus grands poissons de récifs) et la tortue.

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