F-35 : l’extrême urgence militaire

En Belgique, l’urgence n’est pas à la mobilité, à l’énergie ou au climat…

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Ce sera son chef-d’œuvre, à Charles Michel. Pas d’avoir traqué la grande fraude fiscale ou d’avoir un peu réduit les inégalités, tout ça est bien trop compliqué. Mais Charly a réussi un truc bien plus essentiel : nous faire claquer une rawette de 15 milliards pour nous offrir de jolis avions de combat F-35. Et ce dans une opacité qui force le respect.

Pourquoi le F-35 américain et pas l’Eurofighter ou le Rafale français ? On ne sait pas. Pour faire quoi, au juste, avec ces F-35 les plus chers de tous ? Pas nos oignons. Pchûûût! Charly n’explique rien. Même pas au Parlement, où on l’attendait, mais où il a envoyé son champion olympique de la langue de bois, le ministre de la Défense Steven Vandeput… qui a exigé le huis clos. On serait soupçonneux qu’on fleurerait l’entourloupe. Mais comme on ne l’est pas, on va dire que c’est de l’ordre du secret-défense. Qui a bon dos.

15 milliards, ça peut aussi servir à sauver le genre humain.

Ce qui tripote, outre les cachotteries, c’est qu’il s’agit quand même d’une chique de 15 milliards pour aller où les va-t- en-guerre décideront d’aller faire joujou. Et 15 milliards, disons que ça peut servir. À gagner de vraies guerres. Par exemple, celle qui consiste à fournir les Belges en électricité. Donc à ne plus la laisser aux mains d’un groupe privé français qui laisse pourrir nos réacteurs nucléaires depuis vingt ans. À élaborer une vraie indépendance énergétique avec des alternatives renouvelables. Vite et fort. 15 milliards, ça peut servir à mettre la démultipliée sur une politique de mobilité concertée et pas bricolée à la petite semaine dans et autour de nos villes de plus en plus immobiles. À mettre le turbo sur un RER-gag, mais aussi tout, tout revoir : nouvelles lignes de trains, de trams, de transports légers urbains, accès aux vélos, parkings de délestage… Vite et fort. 15 milliards, ça peut aussi servir à rien moins que sauver le genre humain. Le GIEC ne sait plus comment le dire : il y a extrême urgence climatique et environnementale ! Il nous reste trois ans, pas plus, pour prendre des mesures drastiques qui sauveront ce qui peut l’être et rendront la Terre vivable et respirable. Elles existent, ces solutions. Mais chez nous et ailleurs, l’urgence est militaire…

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