Fermeture de Gab, le réseau social où s’exprimait le tueur de Pittsburgh

Prisé par les militants d’extrême droite américains, le réseau social Gab s’est vu contraint de se retirer d’Internet. L’un de ses utilisateurs n’est autre que Robert Bowers, l’homme qui a assassiné onze personnes dans une synagogue de Pittsburgh.

Fermeture de Gab, le réseau social où s’exprimait le tueur de Pittsburgh

« Tous bienvenus pour s’exprimer librement ». Avec cette devise, le réseau social Gab (dont la mascotte est une tortue) lancé en août 2016, a tôt fait d’attirer les extrémistes de tous bords, et particulièrement ceux d’extrême droite. Se présentant sous la même forme que Twitter, Gab autorisait jusqu’à 300 caractères par message contre les 140 de Twitter. Mais depuis ce lundi, Gab n’existe plus. Joyent, son fournisseur d’accès, a décidé de mettre fin à leur contrat, tout comme PayPal qui a décidé d’exclure le réseau social « en raison des discours de haine colportés sur ce site avec la bienveillance de ses administrateurs », rapporte Le Parisien.

En se rendant sur l’URL https://gab.ai/, les utilisateurs font aujourd’hui face à une page blanche et quelques lignes : « Gab est attaqué. Nous avons systématiquement été privés de plate-forme par l’App Store, plusieurs fournisseurs d’hébergement et plusieurs processeurs de paiement. Les principaux médias nous ont accusés de défendre la liberté d’expression et la liberté individuelle pour tous et de collaborer avec les forces de l’ordre pour veiller à ce que justice soit rendue pour les horribles atrocités commises à Pittsburgh. Gab continuera à se battre pour le droit humain fondamental : celui de parler librement ».

Ces dernières semaines, Robert Bowers, l’auteur de la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh (nord-est des États-Unis), y relayait des théories conspirationnistes et antisémites. Dans un communiqué, le réseau s’est dit « attristé et écœuré » par la tuerie de Pittsburgh. Il serait actuellement à la recherche d’un nouveau fournisseur d’hébergement.

Fondé par Utsav Sanduja, Ekrem Büyükkaya et Andrew Torba, Gab est auto-financé par ses trois créateurs et par des dons de sa communauté. Torba explique avoir eu l’idée de créer Gab « après la lecture d’articles de presse rapportant que Facebook censurait les articles de tendance politique conservatrice ». Si le règlement interdit bien la « violence de toute sorte, l’apologie du terrorisme et les menaces », son système de modération reste particulier : le réseau propose à ses abonnés de filtrer eux-mêmes les messages qu’ils ne souhaitent pas voir. Des outils permettent à l’internaute de ne pas recevoir sur son fil des posts contenant certains mots ou provenant de certains usagers prédéfinis. Interrogé en 2016 à propos des messages haineux circulant sur son site, Sanduja avait répondu : « Nous pensons que la liberté d’expression est un droit fondamental, absolu, qui ne peut être vicié d’aucune façon ».

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