F-35: à présent garantir les emplois

Le gouvernement abandonne l'Europe de la Défense. Maintenant, il devra jouer son rôle de facilitateur pour les entreprises des trois régions afin qu'elles puissent participer à différents niveaux au programme

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La saga des avions militaires F-35 a pris fin ce matin. La Belgique tourne le dos à l’avion européen du futur. Le gouvernement fédéral a décidé de doter l’armée belge de 34 chasseurs-bombardiers de la société Lockheed Martin. Les premiers appareils toucheront le sol belge en 2023, sauf imprévu. Une enveloppe de 4 milliards d’euros a été attribuée à ce marché qui sera au total de 13 milliards. “Nous sommes au sein de l’Otan et nous avons fait ce choix. 30% du F-35 est européen et nous serons attentifs aux retombées économiques ”, explique le Premier Ministre Charles Michel. “Nous avons aussi prévu des moyens pour de futurs investissements militaires européens”, a-t-il ajouté. Un peu plus de 500 millions d’euros.

Le ministre de la défense Steven Vandeput ajoute qu’ “en plus du F35, des véhicules blindés (avec la France) et des drones americains ont été achetés”. Chaque avion coûtera plus de 76 millions d’euros. De son côté, le ministre Jan Jambon déclare qu’il s’agit “d’une excellente nouvelle pour notre armée et pour notre économie”. Reste à voir si ce sera le cas pour l’économie wallonne aussi.

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Des retombées pour les entreprises

Ce choix doit à présent être solidement articulé économiquement. En effet, les entreprises de la Région wallonne et de Flandre principalement peuvent prétendre participer au programme pour les années à venir. Elles vont devoir, soutenue par le gouvernement, négocier au mieux pour permettre d’entrer dans ce programme et d’en profiter aussi pour le développement technologique dans les années à venir comme cela avait été le cas pour le programme du F16 voici 40 ans. Du côté wallon, les société comme la Sonaca, la Sabca, Safran Aero Booster ou encore Sabena Aerospace vont donc à présent prendre leur bâtont de pélerin.

L’Eurofighter Typhoon et le Rafale n’auront donc pas été retenus. Ce choix n’éteindra pas la polémique survenue durant toute la semaine sur le manque de transparence et l’absence d’un débat de fond au Parlement jeudi. Le PS et le cdH fulminaient.

 

Pour rappel, déjà en 2009, selon un câble diplomatique du site WikiLeaks, Pieter De Crem (CD&V) soutenait le F-35 lors d’un entretien avec l’ambassadeur des États-Unis à Bruxelles, Howard Gutman comme nous vous le rappelions dans un article de Moustique en juin dernier.

Donald Trump

Pour Ecolo, La gestion de ce dossier important est d’une improvisation totale. « C’est inacceptable alors que le choix du Gouvernement va engager 2 générations de militaires et de contribuables belges« , commente le député fédéral Ecolo Benoit Hellings. « Opter pour un appareil américain alors que Donald Trump prend chaque jour des décisions qui mettent en danger la stabilité du monde tout en montrant le mépris le plus total à l’égard des Européens. Dans ce contexte, la décision du Gouvernement est irresponsable« , poursuit Benoit Hellings. 

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