Yuval Noah Harari : questions d’un champion

Le “penseur le plus important du monde” ne possède pas de smartphone. Un bon signe.

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Historien diplômé d’Oxford, Yuval Noah Harari enseigne à Jérusalem, mais se fait entendre dans le monde entier. Outre ses conférences qui mobilisent tout le gratin à la ronde et 80.000 étudiants sur le Net, il donne des audiences privées à Angela Merkel, Emmanuel Macron ou Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international. Ses premiers fans ont été Barack Obama et Mark Zuckerberg et, quand il sort un nouveau livre, c’est Bill Gates qui se charge de l’analyser pour le New York Times. Plus prosaïquement, ses deux grands essais se sont vendus dans 45 langues à 12 millions d’exemplaires! Sapiens – Une brève histoire de l’humanité expliquait comment un singe qui s’est mis à croire à l’imagination s’était transformé en maître de la Terre, spécialiste de la biotechnologie et du capitalisme (la religion la plus partagée).

Homo deus – Une brève histoire du futur a raconté où tout cela pourrait nous conduire. Sort maintenant la pièce manquante sur notre présent. La méthode ne change pas: chaque thématique est examinée dans une perspective historique et pluridisciplinaire. Cette approche permet de pourfendre pas mal d’a priori et de nuancer des conclusions originales. Comme en plus, son mantra (il pratique la méditation Vipassana, pas les réseaux sociaux) est que la clarté doit imposer son pouvoir aux informations inutiles, on conseille franchement 21 leçons pour le XXIe siècle (Albin Michel) à tous ceux qui voudraient comprendre ce qui nous arrive.

En gros, on y apprend que Trump n’a pas inventé les fake news, mais qu’aujourd’hui, on peut pirater l’être humain, que le nationalisme n’a pas de réponse au réchauffement climatique, c’est bien pour ça qu’il le nie, que Dieu n’est pas plus de retour que la guerre mondiale, qu’il faut moins craindre le terrorisme que l’intelligence artificielle qui va définir une “classe inutile” de citoyens, que l’école ne doit plus transmettre des connaissances obsolètes dans 20 ans, mais la créativité, le sens critique et la communication. Notre pacte d’excellence ne suffira pas. Caramba, encore raté.

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