Éducation : la Belgique n’arrive pas à se débarrasser des barrières sociales

L'OCDE vient de publier un nouveau rapport sur l'équité dans l'éducation. Et malgré quelques évolutions, les inégalités socio-économiques ont toujours une grande influence sur les résultats scolaires des élèves.

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Les élèves ont-ils tous les mêmes chances d’apprendre au sein notre système éducatif en Belgique ? La réponse de l’OCDE est très claire : non. Et ce tant sur un plan socio-économique, que de genre. Dans un nouveau rapport publié ce mardi, elle pointe que « même lorsque garçons et filles font jeu égal en mathématiques et en sciences, leurs attitudes à l’égard de l’apprentissage et leurs aspirations pour leur avenir diffèrent sensiblement ». On y apprend notamment (et assez logiquement) que les écarts de performance entre les sexes ne résultent pas de différences d’aptitudes innées, mais plutôt des attitudes des élèves à l’égard de l’apprentissage et de leur comportement à l’école, de la façon dont ils choisissent d’utiliser leur temps libre, et de la confiance qu’ils ont – ou non – en leurs propres capacités en tant qu’apprenants.

Premier point essentiel, le nombre de jeunes femmes scolarisées dans le cadre institutionnel et suivant des études supérieures n’a jamais été aussi important. En Belgique comme au Danemark, ces dernières dépassent même les garçons au sein des filières professionnelles où ils étaient majoritaires il y a dix ans : « le pourcentage de jeunes femmes diplômées de la filière professionnelle du deuxième cycle du secondaire était supérieur d’au moins 5 points. » Autre grande évolution « En 2000, dans la population adulte, les hommes étaient plus nombreux que les femmes à avoir suivi une formation de l’enseignement universitaire, alors qu’en 2012, c’est un tout autre tableau qui prévaut : dans les pays de l’OCDE, ce sont désormais 34 % des femmes qui sont diplômées de l’enseignement tertiaire, contre 30 % des hommes. »

Les garçons devancent toujours les filles en maths

La bonne nouvelle, c’est que cet écart tend à diminuer au fil des années. « En Grèce, alors que les garçons devançaient les filles de 19 points de score en mathématiques en 2003, cet écart a diminué en 2012 pour s’établir à 8 points de score. Aux États-Unis, en Fédération de Russie, en Finlande, à Macao (Chine), en Suède et en Turquie, cet écart de performance en mathématiques en faveur des garçons s’est totalement comblé en 2012. » Ce qui s’explique par des mesures, en Communauté française, où la Direction de l’égalité des chances et l’inspection scolaire ont créé un manuel destiné à aider les prestataires de services éducatifs à détecter les stéréotypes sexistes dans les manuels scolaires. Par contre, et c’est plus inquiétant, nombre des garçons peu performants ne parviennent pas à s’améliorer.

L’OCDE a également analysé l’impact du milieu social sur l’apprentissage des élèves. Les pratiques éducatives en Belgique devraient permettre de s’élever dans l’échelle sociale peu importe le milieu, pourtant on en est encore loin. Les mesures visant à réduire les inégalités n’ont pas encore atteint leurs objectifs. « Les garçons seraient particulièrement susceptibles d’obtenir de mauvais résultats à l’école lorsqu’ils sont issus de familles défavorisées sur le plan socio-économique. » Les recherches montrent que les enfants de parents à bas revenus et les familles monoparentales ont entre 7 et 17% de chances de moins de terminer l’université. Le fait d’être issu de l’immigration est également associé à des différences de performance. « Dans beaucoup de pays, le code postal reste le plus grand indicateur prédictif de la qualité de l’éducation que le jeune va acquérir.» Il est aujourd’hui crucial de réduire ces inégalités afin de permettre à tous les élèves, et ce peu importe leur sexe ou leur origine sociale, d’accéder à l’enseignement tertiaire.

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