Françoise Nyssen n’est plus ministre de la Culture

C'est le grand remaniement: la franco-belge Françoise Nyssen quitte le gouvernement français à la faveur de Franck Riester.

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Le milieu des arts en attendait beaucoup. Pourtant Françoise Nyssen, 67 ans, n’a jamais véritablement réussi à s’imposer. Intouchable à l’époque de sa nomination en tant que ministre de la Culture de la « République en Marche » de Macron, l’ancienne patronne de la maison d’édition d’Actes Sud ressort affaiblie de son année et demie au sein du gouvernement français. Trop brouillonne diront certains, un manque de charisme écrivent d’autres. Le journal Libération lui dédie sa couverture en avril dernier, mentionnant que la ministre est alors accusée par beaucoup « d’inaction et d’amateurisme ». C’est finalement son passé glorieux, celui qui l’aura fait entrer au gouvernement, qui a provoqué sa chute.

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Retour en juillet dernier. « Le Canard Enchaîné » publie plusieurs papiers qui pointent une sombre histoire de travaux réalisés sans autorisation, à la fois dans le centre classé d’Arles qui est le siège d’Actes Sud, mais également au cœur des bureaux parisiens de la maison d’édition, du temps où elle la dirigeait encore. Accusée de s’être affranchie des règles du droit du patrimoine, Françoise Nyssen doit répondre de cette « négligence » à la justice : le parquet de Paris a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour déterminer si les travaux d’agrandissement respectent le code de l’urbanisme. A partir de là, les choses commencent à réellement se corser pour Françoise Nyssen. Ça coince d’autant plus que la ministre est elle-même diplômée d’une école d’urbanisme, l’Institut supérieur d’urbanisme et de rénovation urbaine de Bruxelles.

Elle quitte le gouvernement un peu plus d’un mois après Nicolas Hulot, avec qui elle partageait de nombreuses idées. Sous surveillance constante, sa réputation avait commencé à flancher à cause de ses difficultés à s’exprimer à l’oral. Elle semblait peu confiante malgré quelques jolis coups, comme l’obligation faite aux géants comme Netflix de proposer au moins 30% d’œuvres européennes. Elle aura également réussi à faire passer in-extremis la loi contre les fake news le 10 octobre. Une proposition qui devrait imposer des obligations de transparence à Facebook ou Twitter quand ils diffusent des contenus contre rémunération. Elle laisse un grand chantier ouvert : la création d’un «pass culture» offrant 500 euros de dépenses dans les arts aux jeunes de 18 ans. C’est à son successeur, l’ancien Républicain Franck Riester, que revient désormais cette tâche.

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