Flandre : ces partis « loufoques » qui auraient mérité un siège

Dans certaines villes flamandes, des listes aux idées plutôt originales se présentaient aux électeurs ce dimanche.

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Plutôt que de donner leur voix aux formations politiques traditionnelles ou aux alternatives (plus ou moins extrêmes) connues du paysage politique belge, certains citoyens belges avaient décidé de présenter des listes inédites au cours de ces élections communales. En Flandre, les idées défendues ne manquaient parfois pas d’originalité, comme l’illustre les quelques exemples suivants.

PISS-OFF, le sexisme primaire aux toilettes

Avec seulement 0,6% des suffrages récoltés à Gand ce dimanche, le parti au nom provocateur PISS-OFF (traduction littérale « Faire chier » ou « Va chier ») devra malheureusement trouver un moyen de poursuivre son combat hors du conseil communal. Avec un programme concis en 10 points, ce collectif qui se revendique comme féministe plaidait principalement pour l’installation de plus de… toilettes publiques dans les rues de la cité flandrienne. Attention, pas de vulgaires urinoirs réservés uniquement à la gente masculine, une forme d’exclusion des femmes que le parti qualifie de « forme primaire de sexisme ». PISS-OFF plaidait donc pour la mise en place de cabinets standards « inclusifs » dans lesquels filles et garçons pourraient effectuer leurs besoins en toute équité. Visiblement pas la préoccupation principale des Gantois à l’heure actuelle.

Pokémon Lijst, les dresseurs en quête de fun

Pas de programme, pas de revendication politique. À Gand (décidément), la Pokemon Lijst s’est présenté aux élections juste « parce que c’était possible ». « Nous représentons une communauté de 4 à 500 joueurs ou anciens joueurs de l’application mobile Pokémon Go », expliquait la tête de liste Martijn Alf au Niewsblad. « Tout est parti d’une blague, on s’est dit que ce serait marrant de présenter une liste aux élections. On s’est rendu compte que c’était très facile d’en faire une. Alors on l’a fait ! ». Avec quelques 600 voix recueillis au scrutin, les dresseurs de pokémons ont échoué à obtenir un siège… La mise en place de poké-stops supplémentaires dans les rues de la ville ne figurera vraisemblablement donc pas à l’ordre du jour du prochain conseil communal.

Piratenpartij, abordage manqué à Anvers

La N-VA a écrasé la concurrence dans la plus grande ville de Flandre avec 35,29% des voix, Bart de Wever reste bien le seul maître à bord. Malgré la présence de Kris Peeters (6,78% avec le CD&V) et l’excellent score enregistré par Groen (18,8%), les challengers ne peuvent que constater la défaite. À commencer par le Piratenpartij (« Parti pirate ») qui, malgré son alliance avec le collectif Volt pour ce scrutin 2018, a sombré dans les suffrages avec 0,53% récoltés. Pas inconnu au bataillon, le parti d’origine islandaise fondé en 2012 n’est jamais parvenu à imposer sa vision « bottom-up » de la société (changer la structure de la démocratie représentative en un modèle de société pensé et construit per les citoyens et construit du bas vers le haut). Un pirate élu qui fend le sabre avec la N-VA au conseil communal, l’image aurait été cocasse !

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