Olivier Chastel : « on est très attachés à la transparence »

Encore indécis pour les élections de dimanche? Moustique a rencontré chaque président de parti pour analyser les forces en jeu. Le MR et Olivier Chastel avancent les raisons locales de voter libéral.

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Le président du MR claudique dans son bureau de la Toison d’Or en pleine rénovation. Il a subi une infiltration au pied le matin même. Il fait la grimace, s’installe devant un plateau de pistolets garnis et s’ouvre une eau pétillante. Olivier Chastel a faim. Normal, il tient au café toute la matinée sans petit-déjeuner. S’il pousse cette fois la liste à Charleroi, ce seront ses dernières élections communales, annonce-t-il. Il s’étonne de cette campagne peu animée, feutrée, sans grand débat tout en se montrant d’une prudence de Sioux. Sauf sur un point. Ne lui parlez pas de la bombe énergétique (et électorale) qui vise la ministre fédérale Marghem. Il sera sans concession sur la question: tout est de la faute d’Electrabel.

Comment se présentent ces élections pour le MR?

OLIVIER CHASTEL – Plutôt bien. D’abord, on a un retour positif de ce qu’on fait au niveau local. Ces élections sont particulières. Cela fait longtemps qu’il n’y a plus eu d’élections. Donc on ne sait vraiment pas ce que ça donnera. Mais notre ressenti est favorable. Maintenant, on avait réalisé en 2012 des élections exceptionnelles. Si on doit évoquer un objectif, c’est de nous maintenir. Mais avec des enjeux particuliers, comme à Liège, par exemple. La majorité PS-cdH y est au pouvoir depuis 24 ans. Là, il y a une belle opportunité de progresser avec Christine Defraigne. Les grandes villes, ça compte.

Existe-t-il un mot d’ordre?

Il y a un canevas général que nous avons adopté il y a un an déjà, avec des grandes lignes. Et chaque section locale se base là-dessus et en tire ce qu’elle veut. Rien n’est plus différent qu’une commune par rapport à une autre selon qu’on défend un bilan ou qu’on est dans l’opposition et qu’on a plein d’idées que les autres n’ont pas eues. Et tout ça dans un contexte où la liste n’est pas forcément sous le sigle du MR. Il y a des listes d’ouverture comme « Mons en mieux » ou de cartel à plusieurs partis. Il y a tous les cas de figure, vraiment tous. On est là pour trancher les éventuels problèmes.

Vos candidats font beaucoup circuler des petites vidéos d’eux pour faire campagne…

C’est vrai, on a mis l’accent là-dessus. Et on a mis derrière ça des moyens conceptuels de ciblage digital par rapport à la localisation du candidat et au message à adresser. Le soutien du parti est important parce qu’on n’a pas forcément des professionnels de la politique à tous les coins de rue. C’est important le soutien du parti. On le voit avec Muriel Gerkens (candidate écolo à la province de Liège alors qu’elle était députée, ce qui est interdit. Elle a démissionné depuis – NDLR) qui a commis une lourde erreur administrative. C’est monstrueux comme erreur.

Vous, vous avez le dossier de l’énergie et du risque de blackout en novembre…

Ça, c’est un dossier politique. Moi, je défends bec et ongles Marie-Christine Marghem. Par conviction. C’est un procès purement électoral qu’on lui fait là. Et certains s’acharnent sur elle de manière scandaleuse. Les auditions en commission ont montré à quel point Electrabel n’a pas assez rapidement informé Elia (le gestionnaire du transport d’électricité – NDLR), qui ne pouvait pas donner d’autre information cet été à la ministre pour revoir les positions. Elia reproche à Electrabel le manque de transparence sur les deux non-réouvertures de centrales qui viennent compliquer le modèle hivernal. Le monde politique s’est acharné sur Marie-Christine Marghem. C’est de bonne guerre en période électorale. Mais c’est particulièrement injuste car elle a fait le job durant toute la législature.

Mais c’est chaotique et elle est ministre…

Elle n’aurait pas pu être bien informée. Si Electrabel, l’opérateur privé qui gère nos centrales nucléaires et produit l’électricité, ne donne pas assez vite l’information selon laquelle en hiver nous n’aurons qu’une centrale qui fonctionnera, comment la ministre peut-elle prendre des mesures?

C’est un sale coup, donc…

On s’en serait bien passé parce qu’on doit sans cesse se justifier depuis. La ministre a rapidement réuni la task force pour trouver l’électricité qui manque en quelques jours. Elle a trouvé des solutions au potentiel délestage. Il ne faut pas parler de blackout parce que ce serait plus du tout d’électricité dans tout le pays et le pays à l’arrêt. Ce n’est pas ça. Il y a un plan avec huit zones et s’il manquait d’électricité, une zone serait privée d’électricité. Mais je reste persuadé qu’il n’y aura pas de délestage.

Vous ne craignez donc pas l’effet domino de ce cafouillage et le coût pour le consommateur.

Je ne suis pas d’accord. Vous qualifiez ça de cafouillage, ce sont vos mots. Mais le prix de l’énergie augmentait depuis bien avant. L’énergie augmente partout en Europe depuis un an parce que bon nombre ont décidé d’abandonner le nucléaire et d’accélérer la transition. C’est ça qui coûte cher. Et on reçoit des leçons d’un candidat qui a coûté 2 milliards aux Wallons avec la bulle énergétique, M. Jean-Marc Nollet.

Bref. Quel est l’intérêt de voter ce 14 octobre pour un candidat MR?

Il y a plein de raisons locales. Mais au travers du programme général, c’est la bonne gouvernance. On est très attachés à la transparence et à l’efficacité. On ne veut plus de structures qui ne vivent que pour elles-mêmes. On veut rencontrer les besoins des citoyens: sécurité, propreté, mobilité. C’est prioritaire.

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