Qui nomme les ouragans?

Harvey, Irma, Katrina... Ces prénoms ont fait le tour des journaux, associés à des ouragans parfois monstrueux. Voici comment les instituts météorologiques baptisent ces tempêtes.

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Michael va bientôt toucher la Floride. Le Centre national des ouragans le considère comme un « événement extrêmement dangereux ». L’année dernière Irma avait déjà dévasté cette région. Les cyclones Harvey et Maria avaient, eux, touché le Texas et l’île de Porto Rico. Michael, Irma, Harvey, Maria, Florence… Qui a nommé ces catastrophes ?

La réponse est différente en Europe et dans le reste du monde.

Chez nous, ce sont les habitants qui proposent eux-même des noms via l’action Adopte un vortex lancée en 2002 par l’institut météorologique de l’Université de Berlin. Pour nommer un anticyclone, il faudra débourser 299€. Pour les dépressions, qui s’accompagnent souvent de nuages et de précipitations, c’est moins cher : 199€. La différence est due au fait que les anticyclones restent plus longtemps sur les cartes météo. Cet argent sert à financer l’étude météorologique en Europe.

On pourrait croire que nommer un de ces phénomènes est l’occasion rêvée de prendre sa revanche sur un ex ou un boss tyrannique. Pourtant, la plupart du temps, les gens utilisent leur propre prénom ou une variante. Sur les 195 vortex nommés en 2017, 43 seulement étaient différents du prénom de l’adoptant. Parmi eux : Zeus, Zlatan ou Quasimodo. Un contributeur qui s’est identifié comme « tous les fans de rock d’Allemagne » a nommé le sien Bob. Peut-être cela faisait-il référence à la tournée de Bob Dylan dans ce pays l’année dernière ou à Radio Bob, qui diffuse ce genre musical aux Allemands…

L’Europe est la seule région à adopter ce système. Ailleurs, des listes sont dressées par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM). Les noms qui y apparaissent alternent le masculin et le féminin et sont réutilisés tous les six ans. Marie a été émployé pour nommer des cyclones qui se sont développés dans l’est du Pacifique en 2008 et 2014. En 2020, le prénom refera son apparition. Quand un ouragan fait trop de dégâts, son nom est rayé de la liste et remplacé. Par exemple, Audrey n’est plus utilisé depuis 1957. A l’époque cet ouragan avait provoqué de gros dommages aux Etats-Unis. Les prénoms liés aux catastrophes de l’année dernière comme Irma et Harvey ne seront pas non plus recyclés.

On a commencé a nommé ces phénomènes météorologiques dans les années 50 «afin d’aider à l’identification rapide de tempêtes dans les messages d’alerte car les noms sont censés être bien plus faciles à retenir que les nombres et les termes techniques», selon l’OMM.

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