Fred Jannin “Flahaut qui fait de la poésie”

Avec Liberski, il publie l’intégrale des chefs-d’œuvre de Froud et Stouf. Une somme, en somme.

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Vous publiez une intégrale des dessins de Froud et Stouf que vous avez imaginés avec Stefan Liberski. De qui ces deux chiens sont-ils les héritiers? De Milou, Rantanplan, Idéfix, Snoopy, Bill ou Patapouf, le teckel de Martine?

Froud et Stouf sont des chiens philosophes, ils ont quelque chose de Platon et d’André Comte-Sponville, avec une tendresse pour Rantanplan.

Qu’avez-vous fait de mieux dans votre parcours?

La restauration de l’œuvre de Franquin. J’ai eu l’impression de faire un geste pour l’humanité.

Pour vous, restaurer l’œuvre de Franquin, c’était comme restaurer le plafond de la chapelle Sixtine…

Pas du tout. La plafond de la chapelle Sixtine, c’est bassement commercial…

Qu’avez-vous fait de pire dans votre parcours?

Ne pas obéir à mon père. Il m’a toujours dit “Tu ne dois pas te disperser”.

Qu’est-ce que vous devez encore faire avant de mourir?

Essayer de ne pas trop souffrir et envahir la Pologne. Ah non, ça a été fait, ça.

Comme il n’est pas là, on peut parler sur son dos – comme on dit… La plus grande qualité de Stefan Liberski?

(Long silence.) Aïe, aïe, aïe…

Je le note…

Dans le fond, sa meilleure qualité c’est sa complicité avec moi…

Le plus grand défaut de Liberski?

C’est un enragé. C’est d’ailleurs ce qui nous réunit, notre colère sur l’état du monde et de la Belgique.

Il est plus intello que vous, non?

Oui, il lit beaucoup de bouquins. Moi, je ne suis pas un grand lecteur, je suis plus “génération audiovisuelle”.

Savez-vous ce qu’il pense de vous?

Je ne me pose pas souvent la question, mais je sais qu’on s’aime beaucoup.

Qui est la fille que vous préférez dans le paysage médiatique?

Laurence Bibot, évidemment! C’est la femme de ma vie comique. D’ailleurs, nous avons procréé, on a fait Guillermo Guiz (Jannin et Bibot jouent les parents de Guillermo dans la série Roi de la vanne – NDLR).

Qui est le type que vous détestez dans le paysage belge?

J’ai du mal à détester…

Parce que vous êtes un gentil…

André Flahaut qui fait de la poésie, j’adore, je ne peux pas détester…

Qui est le Bert Bertrand d’aujourd’hui?

Personne.

Combien vous a rapporté la saga Devos-Lemmens? Une fortune? Une petite fortune? Des rawettes?

Entre des rawettes et une petite fortune. Je n’ai pas fait le calcul, mais ça met de la sauce sur les frites.

Dans ce numéro, nous rendons hommage à Marc Moulin. Un petit mot sur Marc…

C’est lui qui m’a ouvert les yeux, mon père m’avait dit de ne pas me disperser, Marc m’a montré qu’on pouvait faire plusieurs choses. Comme Bert, il me manque beaucoup.

FROUD ET STOUF. CHEFS-D’ŒUVRE, CFC-Éditions, 192 p.

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