Code du bien-être animal: la Wallonie en avance sur l’Union européenne

Le gouvernement wallon a officiellement adopté le code du bien-être animal déjà présenté en juillet. L’association de défense des animaux Gaia, espère que la Flandre ne tardera pas à lui emboiter le pas. En attendant, c’est une véritable avancée à échelle européenne, voire mondiale.

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L’animal est un être sensible qui possède des besoins qui lui sont spécifiques selon sa nature”, le premier article du code wallon long de 32 pages donne le ton. Et les changements sont considérables. “Historiques” même, pour Gaia. “Cette nouvelle législation représente un bond en avant significatif pour le bien-être animal en Wallonie, hissant désormais la Région parmi les plus progressistes d’Europe en matière de cadre légal”, a déclaré son président, Michel Vandenbosch.

En cas d’infractions, les peines maximales peuvent aller jusqu’à 15 ans de prison et les amendes plafonneront à 10 millions d’euros. À ceci s’ajoute l’obligation d’avoir un permis pour détenir un animal, l’interdiction des hippodromes de kermesse (déjà le cas à Bruxelles, reste la Flandre) ou encore l’obligation des caméras de surveillance dans tous les abattoirs du sud du pays. Pour les défenseurs des animaux, la plus grande avancée reste l’interdiction de l’élevage de poules pondeuses en cage. En Région wallonne, huit élevages du genre sont encore en activité, mais devront cesser leur activité au plus tard en 2028. Jusqu’à présent, seul le Luxembourg avait interdit cette pratique parmi les États membres de l’Union européenne.

À l’échelle européenne, une série de règlements et de directives relatives aux animaux existent déjà. Si les règlements doivent obligatoirement être respectés par les pays de l’Union sous peine de sanctions, les directives sont des objectifs à atteindre. On note par exemple l’interdiction de l’import ou de l’export de fourrure de chien ou chat ou celle de capturer des oiseaux sauvages pour les élever en captivité. À peu de choses près, le reste en va de la volonté et de la décision de chaque État. La Croatie a, par exemple, décidé d’interdire les delphinarium et la Grande-Bretagne, comme la Belgique, proscrit les tests de produits ménagers sur les animaux. Aucun pays ne propose un code aussi sévère et détaillé que celui de la Wallonie.

Bémols

Gaia décèle tout de même un gros bémol dans ce code pourtant remarquablement progressiste : le gavage des oies. Pas une ligne et, du coup, pas d’interdiction à l’horizon. En juillet dernier, la Flandre avait, elle, pris la décision d’interdire la pratique. Les Belges sont les deuxièmes plus gros consommateurs de foie gras au monde juste derrière les Français. 90 grammes par an et par personne.

Pour la directrice de Gaia, le blocage ne vient pas du ministre wallon Carlo di Antonio qui a porté le projet du code du bien-être animal. Il s’agirait plutôt d’un désaccord avec, entre autres, le ministre de l’agriculture René Collin ou le ministre président, Willy Borsus. “Mais nous n’avons pas vu de proposition concernant l’arrêt du gavage de la part des écologistes ou du PS non plus”, constate la défenseuse du droit animal. La Wallonie reste donc aux côtés de cinq autres pays de l’UE la seule à ne pas interdire la pratique qui conduit au produit de luxe. Reste encore un peu de chemin à parcourir, mais l’avancée est remarquable.

Pour consulter l’entièreté du code wallon du bien-être animal :

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