Une fausse ville des années 50 pour aider les malades d’Alzheimer

Une «ville modèle» inspirée des fifties, créée pour le traitement de la maladie d'Alzheimer, devrait être implantée dans de nombreux centres commerciaux abandonnés aux États-Unis.

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Le 13 août dernier, un tout nouveau home a accueilli ses premiers résidents en Californie, pensé par le G. Glenner Alzheimer’s Family Care Centers. Sa spécificité ? Il s’agit d’une réplique d’une ville des années 50, avec son cinéma, son « diner » et ses magasins. On y retrouve plus de 14 différentes devantures de magasins. Pourtant, il s’agit surtout d’un supermarché des souvenirs…

Tout le mobilier typique de l’époque a été pensé dans le but de créer un environnement stimulant pour les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. En effet, selon différents chercheurs, les souvenirs les plus marquants sont ceux que l’on a créé entre l’âge de 10 et 30 ans. Sachant que la plupart des malades qui souffrent de cette pathologie sont octogénaires, il a été décidé de fabriquer à l’identique un environnement qui les resituerait entre 1953 et 1961.

L’endroit est ultra bien pensé et ce jusque dans les moindres détails : on y retrouve un téléphone à cadran, un Ford Thunderbird de 1959, un juke-box classique, des portraits de stars hollywoodiennes d’époque, ainsi que des livres et des magazines anciens. Au fil des ans, ils seront remplacés par des objets plus récents, adaptés à la période et à l’évolution des patients. Une véritable machine à remonter le temps.

Cette fausse ville, implantée sur 800m2 d’un ancien centre commercial à l’abandon situé à San Diego, est le plus cher investissement jamais fait dans les soins dits de « thérapie de réminiscence ». Cette méthode, très prisée de l’autre côté de l’Atlantique, préconise de replonger les malades atteints d’Alzheimer dans leur passé, de les pousser à évoquer des souvenirs et à parler des événements importants qui ont marqué leurs vies. Une thérapie qui implique également le fait d’utiliser de vieilles photos, des morceaux ou des parfums qui ont pu avoir un impact dans leur existence, le tout pour stimuler leur mémoire et leur activité cognitive. Dans ce cas de figure, les replonger dans l’environnement de leur enfance devrait permettre l’espoir de faire des miracles…

En Belgique, plus de 200.000 personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. Pourtant de tels centres ne risquent pas d’ouvrir leurs portes sur notre territoire. Town Square, comme s’appelle ce centre pour personnes âgées, fonctionne un peu à la manière de Disneyland et joue sur la carte de la nostalgie, de l’enfance et du lâcher prise dans un décor en carton-pâte. Une idée qui pourrait rapporter des millions de dollars… et c’est bien là le but, puisque le concept a été franchisé.

Ces fausses villes devraient rapidement pousser comme des champignons à travers les États-Unis, puisque le pays compte des dizaines de centres commerciaux désaffectés en attente d’une nouvelle vie. Un concept qui, mine de rien, fait un peu froid dans le dos. Qui voudrait se retrouver enfermé ad vitam dans un décor de cinéma ? A moins de tenter une expérience sociologique comme le Truman Show…

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