Une entreprise néo-zélandaise passe avec succès à la semaine des quatre jours

Et si travailler quatre jour sur sept était la solution au burnout et à l’inefficacité ? En Nouvelle-Zélande une entreprise a tenté l’expérience et en ressort extrêmement satisfaite.

Illustration travail © Venveo / Unsplash

Durant les mois de mars et avril dernier, les 250 employés de Perpetual Guardian, une société spécialisée dans la gestion des fiducies, testaments et planifications successorale, se sont rendu au travail quatre jours semaine au lieux des sacro-saints cinq jours habituels. Scrutés par des scientifiques, ces employés en sont ressortis moins stressés, plus satisfaits et avec un meilleur équilibre entre travail et vie professionnelle.

C’est après avoir remarqué que ses employés avaient du mal à gérer cette balance entre privé et professionnel que le CEO de l’entreprise, Andrew Barnes, décide de tester la semaine des quatre jours. Avant de commencer la période de test, des avocats sont consultés par la société pour s’assurer que le nouveau système respecte les lois nationales en matière de travail. Les employés de Perpetual Guardian n’étaient pas contraints de participer à cette expérience et ceux qui choisissaient de venir cinq jours semaines pouvaient bénéficier d’autres avantages comme partir plus tôt pour éviter les embouteillages ou pour s’occuper de leurs enfants. Peu importe leur choix, tous les travailleurs ont été payés le salaire habituel correspondant à cinq jours de travail.

En octroyant un jour de plus à ses employés pour gérer leurs vies personnelles, Barnes espéraient qu’ils seraient de facto plus concentrés et efficaces au travail. Une supposition qui s’est avérée exacte. « Notre entreprise a gagné en productivité grâce à une augmentation de l’efficacité sur le lieu de travail. Il n’y a aucun inconvénient à ce système », a-t-il déclaré.

Famille © Brittany Simuangco / UnsplashRéduire le temps de travail permettrait aux parents de passer plus de temps en famille et d’être plus heureux. © Unsplash

Des scientifiques ont récolté plusieurs données avant et après la période test. En novembre, un peu plus de la moitié du staff (54%) avait l’impression de pouvoir gérer l’équilibre entre travail et engagements privés. Après l’expérience, ce chiffre est de 78%. Et la suite des données parle d’elle-même. Le stress ressenti par les employés a baissé de sept points de pourcentage, tandis que la motivation, l’engagement et le sentiment d’être utile ont « augmenté significativement » d’après les chercheurs. La satisfaction générale a quant à elle augmenté de cinq points de pourcentage.

L’issue de cette expérience est tellement positive que la semaine des quatre jours va être adoptée définitivement par l’entreprise néo-zélandaise. « Pour que cela fonctionne, il faut avoir la bonne attitude. Tout le monde doit s’engager dans le processus et le prendre au sérieux afin de créer un modèle viable à long terme », a conclu Barnes.

Et en Belgique ?

Chez nous, un tel système a plusieurs fois été envisagé, mais sans réel passage à l’action. En 2015, le ministre bruxellois de l’emploi, Didier Gosuin, suggérait de l’appliquer pour les agents de Bruxelles-Propreté. Pas d’objectif d’efficacité ou de bien-être ici, mais bien une volonté de réduire le taux de chômage. Le politique avait déclaré à l’époque que « réduire d’un jour la semaine de travail à Bruxelles-Propreté pourrait permettre de créer 20% d’emplois supplémentaires ». Une étude de faisabilité avait été annoncée. À l’heure qu’il est, nous attendons toujours les résultats de cette enquête…

En 2016, c’est le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir qui déclarait vouloir mettre en place un tel système à tous les employés de la commune de plus de 55 ans. Un modèle qui devait faire sa grande arrivée… en janvier 2018. Seule (petite) avancée ? En juin de cette année, la FGTB annonçait vouloir passer à la semaine de 32 heures pour « faciliter l’équilibre vie privée/vie professionnelle et permettre à tout le monde d’avoir un emploi ». Un objectif qu’elle compte atteindre, entre autres, grâce à la semaine des quatre jours. Le syndicat socialiste annonçait alors qu’il proposerait sérieusement ce modèle lors des négociations interprofessionnelles de cet automne.

Bref, le débat sur la réduction du temps de travail a encore de beaux jours devant lui.

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