Jacques Brel: éternellement nôtre

Batailleur, poétique, véhément, fulgurant. Doux et dur avec son pays, Brel n’est pas qu’un monument de la chanson. Sans le vouloir mais à force de textes puissants, il est devenu un élément capital de l’identité belge. Quarante ans après sa disparition, sa voix résonne encore dans l’actualité.

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La scène est à Anvers, mais pas exactement chez des supporters de Bart De Wever. Un duo de jeunes musiciens mêle discrètement des airs de cabaret à une fête d’anniversaire. Puis le chanteur lance Bruxelles. Les conversations s’arrêtent. Tout le monde écoute, avant de reprendre le refrain, et celui des Bourgeois. L’anecdote ne suffit pas pour affirmer que le nord du pays a pardonné Les f… (flamingants) du dernier album.

Mais elle montre qu’aujourd’hui encore, peut-être même plus qu’hier, Brel, chanteur francophone né à Bruxelles d’un père flamand, définit notre rêve identitaire, lui qui disait déjà qu’il devenait difficile d’être Belge. Quarante ans après sa disparition, le 9 octobre 78, ses chansons, reprises aujourd’hui dans un album posthume de Maurane, continuent à s’adresser à tous les publics.

Mieux, ses thèmes éternels et ses engagements semblent toujours commenter notre société. Peut-être parce que ado, il s’était baptisé “journaliste”. Or, cet homme qui a toujours voulu aller voir ailleurs n’a jamais totalement grandi, ou plutôt vieilli. Dans notre monde globalisé, sa liberté épate forcément. Pour exprimer sa singularité et sa modernité, on a dit qu’il était un vrai rockeur, rappeur, philosophe… On fera son choix. Une chose est sûre, Jacques Brel est à nous.

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