Bientôt nos empreintes sur les eID: à quoi sert l’autorité qui protège nos données?

À partir d’avril 2019, les citoyens seront invités à aller enregistrer leurs empreintes sur leur carte d’identité. L’autorité de protection des données avait pourtant émis un avis négatif. Qu’importe, le projet de loi est sur la table. Alors, la commission vie privée, elle sert à quoi ?

Empreintes digitales ©Belga

Peu de temps après les attentats de Paris (et avant de présenter sa démission au Premier ministre), le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, avait lancé le projet. Alors que l’Europe était secouée par une série d’attaques terroristes, le ministre établissait un constat : les assaillants ont pu circuler en toute tranquillité grâce à de fausses cartes d’identité. L’une des grandes figures de la NV-A avait alors émis l’idée d’enregistrer les empreintes sur les cartes d’identité pour que ce genre d’évènements ne se reproduisent plus.

Rebaptisée en mai dernier “l’autorité de protection des données”, la commission vie privée reste plus connue sous son nom d’origine. Au printemps 2018, elle se penche sur l’idée de Jambon et tranche : ajouter les empreintes est superflu et non conforme à la loi sur la protection de la vie privée. Un avis négatif qui n’empêche pas le ministre de présenter un projet de loi aujourd’hui. « Le déploiement (de ces cartes) se fera par vagues. Les gens ne devront pas se rendre expressément à la commune pour faire enregistrer leurs empreintes », détaille-t-il. Ces données ne peuvent pas être sauvegardées et au bout de trois mois, elles seront supprimées.

Conseille, mais n’oblige pas

Comme son nom l’indique, cet organe indépendant a pour mission de protéger les données des citoyens et des consommateurs. Plusieurs rôles lui sont attribués comme celui de conseiller ou d’accompagnant. Depuis peu, l’autorité de protection s’est aussi vue octroyée de nouveaux pouvoirs comme celui de sanction ou de prise de décisions correctrices.

Cependant, elle ne doit pas “obligatoirement être consultée, mais cela est fortement conseillé lorsqu’il s’agit de données personnelles« , explique la responsable communication de l’organe, Sarah Boulerhcha. Aussi, les avis émis ne sont pas contraignants et n’empêchent aucunement un projet de loi de voir le jour.

Au risque de peut-être se mettre l’autorité de protection à dos, Jan Jambon peut donc déposer son projet de loi sans même en modifier une ligne. Quand à savoir ce que les défenseurs des données en pensent, il faudra attendre car pour le moment ils refusent tout commentaire.

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