#JeVoteSolidaire: la campagne en faveur des migrants pour les communales

Même avec beaucoup de volonté, pas facile de situer quelles compétences possèdent les communes et ce qu'elles peuvent faire. Encore moins quand il s’agit de migration. À l’aube des élections du 14 octobre, le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) propose un outil pour inviter les citoyens à poser les bonnes questions.

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Dans une poignée de semaines, les citoyens seront invités à se rendre aux urnes et à voter pour leurs élus communaux. À priori, les pouvoirs locaux ne sont pas les mieux placés pour débattre des questions relatives aux migrants ni pour apporter des solutions aux enjeux quotidiens auxquels l’Europe est confrontée depuis plusieurs années. Le Ciré n’est pas de cet avis et estime qu’ils possèdent une certaine marge de manoeuvre, malgré un contexte de politique fédérale et européenne de plus en plus restrictif. Il lance du coup la campagne “#JeVoteSolidaire” pour inviter les personnes sensibles à la cause à questionner les politiques et ouvrir la réflexion dans leur commune.

On pense que les localités peuvent faire la différence sur les questions compliquées liées à la migration”, explique Coralie Hublau, chargée des questions de séjour des étrangers. Le Ciré propose une liste de questions sur différents thèmes en lien avec les migrants. “Beaucoup de citoyens sont sensibilisés ou inquiets des politiques migratoires menées aujourd’hui, mais ne savent pas forcément qu’elles sont les bonnes questions à poser pour interpeller les politiques et connaitre leur avis. Les communes ont des compétences en matière d’accueil des étrangers mais il peut être difficile pour les citoyens de comprendre quels sont les enjeux au niveau local. Ils n’ont pas non plus l’habitude de se retrouver face à des personnes roder à ce genre de débat. L’objectif de la campagne est de les outiller ”, développe-t-elle.

De vrais engagements

L’objectif est double puisque l’asbl a également la volonté de sortir des questions d’actualité qui abondent quotidiennement dans les médias pour rappeler que les interrogations ne se situent pas que là. En Belgique, un million d’étrangers – européens et non européens – vivent avec un titre de séjour et sont confrontés aux inégalités et aux difficultés d’intégration. Manque d’accueil dans les écoles, quantité et complexité de l’information donnée dans les maisons communales, manque d’accès aux besoins de base, et la liste est encore longue.

La campagne vise à apporter des éléments de réflexions pour que les pouvoirs locaux prennent de véritables engagements.

Quels pouvoirs pour les communes ?

Bien que les cartes se situent surtout entre les mains du gouvernement fédéral, les communes jouent un rôle important dans l’accueil des migrants. Si elles le veulent, bien entendu. Premier point de contact des étrangers (et des Belges), elles participent à leur quotidien et peuvent avoir un poids en matière de sécurité, de scolarité ou de logement. En plus de servir de relais avec les autres administrations, les 589 communes qui peuplent le royaume exercent aussi un pouvoir sur plusieurs actes administratifs comme la reconnaissance de paternité, la réception de déclaration de nationalité belge ou encore la célébration des mariages. “On est persuadé que si on améliore des petites choses en matière d’accueil et d’information, les personnes auront davantage envie de s’intéresser à la vie de la commune”, conclut Coralie Hublau.

Le Ciré ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’il prévoit de relancer une campagne identique lors des élections fédérales, régionales et européennes de mai 2019. Même principe, même thématiques, plus d’impact ?

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