Électricité : le coût de massue

L’électricité la meilleur marché sera celle qui n’est pas consommée. Surveillez plus que jamais vos interrupteurs et vos compteurs.

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En 2018, la facture d’électricité affichera au moins 100 euros de plus pour un ménage avec une consommation de 3.500 kWh/an : le constat est sans appel. La douloureuse portera bien son nom. Comment en est-on arrivé là ? La loi de l’offre et de la demande est implacable pour le consommateur. Les réacteurs nucléaires belges tombant comme des mouches, les prix s’envolent. Mis à l’arrêt les uns après les autres, ils réduisent la possibilité de s’approvisionner à un coût raisonnable à court terme: pour rappel, actuellement, le prix de l’électricité “nucléaire” est faible parce que les réacteurs sont amortis.

Sur le marché, la sanction est immédiate : de près de 38 euros du MWh en avril, la facture atteint aujourd’hui près de 61 euros. Même la CWaPE, le régulateur wallon, décrypte l’envolée : 32 euros de plus pour la facture d’électricité et 38 euros supplémentaires pour le gaz au premier trimestre 2018. Ce constat est également dû à une hausse du prix du gaz et de la tonne de CO2. Lundi, suite aux récentes mauvaises nouvelles concernant nos centrales nucléaires, Damien Ernst, expert en énergie à l’ULiège, a remarqué immédiatement la cynique anticipation des marchés pour le prix du MWh: il passait à 411 euros temporairement alors que le prix moyen de 2017 était sous les 40 euros.

Dans un contexte de transition énergétique de notre pays, cette augmentation des coûts de l’électricité n’est pas un phénomène éphémère. Loin de là. Au fil des mois les réacteurs vont disparaître et la transition (révolution) énergétique aura un coût. “À ce sujet, il faut un discours vérité et la sortie du nucléaire amènera des coûts supplémentaires avec notamment la construction de nouvelles installations”, affirme la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem à la Chambre.

Inévitablement, toutes ces augmentations vont rouvrir le débat de la TVA sur l’électricité qui est passée de 6 % à 21 % en 2015. Ce sera sans nul doute l’un des prochains sujets de la campagne pour les élections fédérales… même si celui qui promet de baisser la TVA devra trouver entre 700 et 800 millions d’euros pour le budget fédéral.

En attendant, les deux autres vraies questions sont l’indépendance énergétique du pays et l’inévitable répercussion sur la compétitivité des entreprises, et donc directement sur l’emploi. Au niveau de l’indépendance, si nos voisins, qui sont aussi en pleine transition, ont besoin d’électricité, il est évident qu’ils se serviront d’abord avant de penser à nous. Du côté des entreprises, enfin, le coût de l’énergie (30 % de plus) sera certainement un nouvel argument de réflexion, voire de relocalisation…Difficile en tout cas de ne pas être abasourdi par le manque de préparation de ce dossier de la part des gouvernements successifs chez nous depuis 15 ans ! En plus de la facture individuelle, donc, l’emploi pourrait trinquer dans les prochains mois…

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