La responsabilité d’Electrabel « engagée »

La ministre de l'énergie, Marie Christine Marghem, s’étonne que la société n’ait pas mieux préparé la planification des travaux.

La responsabilité d’Electrabel « engagée »

Un peu secouée par la polémique qui enflait ses derniers jours, notamment après la sortie d’une experte du bureau du plan qui avait « évoqué un risque réel de coupures d’électricité dans certaines régions du pays au mois de novembre », la ministre fédérale de l’Énergie Marie Christine Marghem a fait le point lundi en fin de journée sur les risques de pénurie énergétique pour l’hiver dans notre pays.

Elle a rappelé qu’elle analysait actuellement différentes solutions à l’étranger en terme de source d’approvisionnement et qu’elle pouvait toujours remettre en route la centrale au gaz de Vilvorde notamment.

Elia mène l’enquête

Mais la ministre a avant tout pointé du doigt la gestion des travaux du producteur de « 54% de l’électricité sur notre territoire. » Elle s’est clairement étonnée que « la planification des travaux de Tihange 2 et Tihange 3 » à un moment où quatre autres réacteurs connaissaient déjà des situations de non-disponibilités. Pour elle, « la responsabilité d’Electrabel est lourdement engagée ». Le cabinet a donc demandé à Elia d’analyser en détail la responsabilité juridique d’Electrabel. Elle a reconnu que la situation l’inquiète plus qu’en 2014 parce qu’il y a plus de réacteurs à l’arrêt cette fois-ci. Elle n’a toutefois pas encore évoqué ni un plan de délestage, ni un recours à une réserve stratégique… et elle continue à privilégier d’autres alternatives. Dans le plan de délestage, s’il devait être appliqué, un arrêt partiel ou total des trains a été évoqué.

La polémique ne va pas s’éteindre puisque la ministre est attendue mercredi en commission de l’Économie de la Chambre, comme le rappelle l’agence Belga, où elle devra faire face aux feux nourris des députés de l’opposition. Même la majorité attend des éclaircissements de la ministre. La présidente de l’Open Vld Gwendolyn Rutten, par exemple, a exigé de la ministre « qu’elle mette en place immédiatement une réserve stratégique » permettant de garantir durant cet hiver la sécurité d’approvisionnement de l’électricité. De son côté, la porte-parole d’Engie Electrabel a rappelé que la responsabilité de la société est avant tout de « gérer les réacteurs nucléaires en toute sécurité, sous le contrôle de l’AFCN (Agence fédérale de contrôle nucléaire) ». Elle a rappelé que la sécurité des centrales était sa seule priorité.

Retrouvez ce mercredi dans les pages de Moustique le dossier sur la polémique autour de la pénurie et du prix de l’électricité qui grimpe depuis plusieurs mois.

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