Foudre européenne

C’est ça qui est vivifiant avec l’Union européenne : sa rapidité de réaction…

Viktor Orbán © Belga Image

En Europe, nous avons donc le cas Viktor Orbán, qui est à la Hongrie ce que la N-VA, le Vlaams Belang, “Schild & Vrienden”, Modrikamen et Destexhe réunis sont à la Belgique, mais en moins sournois. Et là, c’est (presque) fait, le voyou démocratique hongrois va morfler. Pour violation grave des valeurs édictées dans l’article 2 du Traité de l’Union : non-respect des libertés garanties par l’État de droit, violations fréquentes de la dignité humaine, incitation à la haine des minorités ou des migrants, corruption à tous les étages du pouvoir public, atteintes graves à la séparation des pouvoirs avec des juges muselés, mise sous tutelle de l’information publique avec diffusion massive de fausses informations, j’en passe et des mégatonnes. Eh bien, tout ça, c’est fi-ni !

Le Parlement européen a actionné à la majorité des deux tiers l’article 7 du Traité européen qui, pour sûr, débouchera sur des sanctions lourdes. Incessamment sous peu, la Hongrie façon Orbán sera privée de vote dans les instances européennes. Quand je dis incessamment sous peu, c’est juste qu’il y a une ch’tite procédure bien européenne à suivre. Oh rien ! Après le vote du Parlement, le Conseil européen (chefs d’État et de gouvernement) doit maintenant se réunir pour constater lui aussi qu’il y a bien “risque sérieux” de violation des règles de l’Union. Et alors là, pouf !, si 4/5es des États membres sont d’accord, le Conseil adresse une “recommandation” à la Hongrie. Pour ça, aucun délai n’est requis. La Pologne s’est pris un article 7 en décembre dernier, et rien depuis lors.

Mais c’est comme si c’était fait incessamment sous peu, puisque après un temps non déterminé, le Conseil européen doit confirmer qu’il y a un “risque sérieux et persistant”. Et là, on est à un poil de mouche de la sanction qui doit tomber incessamment sous peu, puisque le Conseil européen prend sa décision de sanction… à l’unanimité des États membres (moins la Hongrie). Or la Pologne, qui fait du Orbán mais en plus polonais, a déjà refusé de se joindre à cette belle unanimité. Ah ça, quand elle veut faire respecter ses valeurs face aux (semi-)fachos, l’Europe est intransigeante. Et rapide comme la foudre.

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