Le cynisme populiste du Vlaams Belang

Du Vlaams Belang, on n’attend rien de bon. Une fois encore, on n’aura pas été déçu.

L'extrême droite calcule le prix des migrants © Belga Image

Les tracts électoraux du parti extrémiste s’étranglent : seulement 1.200 euros mensuels pour nos pensionnés contre 2.255 pour les migrants ! On a le droit de trouver les pensions insuffisantes, le droit aussi de désirer une politique restrictive envers les réfugiés. Mais on ne peut pas rapprocher les deux sans mentir. Le magazine flamand Knack a démonté ces chiffres, abaissant le “coût” moyen d’un migrant (autour de 1.500 euros). Il a surtout rappelé qu’un pensionné touche de l’argent, un migrant a, lui, un coût qui profite aussi à la société, par exemple au personnel qui les encadre. Le pensionné, comme n’importe quel citoyen, a d’ailleurs lui aussi un coût (soins de santé, gestion de son dossier, réductions…). Il faut surtout souligner que les durées d’une pension et de la prise en charge d’un migrant n’ont rien à voir (15 ans contre de 9 à 12 mois en moyenne), tout comme le nombre des pensionnés (2,35 millions) face au nombre des migrants (33.000 en 2016, 20.000 aujourd’hui).

Ces évidences sont à la portée de n’importe quel esprit serein. D’accord les réseaux sociaux et les forums, pleins de souffrances et parfois de rancœurs injustifiables, ne sont pas des endroits pacifiques. Mais nourrir ce désarroi, c’est du cynisme populiste car, bien sûr, le Vlaams Belang sait que le problème des migrants n’est pas la solution au sort des pensionnés. Cette manipulation n’étonne pas venant d’un parti dont le slogan “nos gens d’abord” s’inspire de “l’Amérique d’abord ” de ReaganTrump et des “Français d’abord” du Front national. Mais on peut craindre qu’elle influence d’autres partis (la N-VA sous-entend déjà que le poids des migrants menace la sécurité sociale). Lors d’un meeting pour la présidentielle 2008, le sénateur John McCain, qui vient de s’éteindre, avait interrompu une militante qualifiant son rival d’arabe musulman. Le candidat républicain avait rectifié : Obama était un adversaire politique, mais d’abord un bon père de famille américain. Tout le monde n’a pas cette hauteur. Il faut aussi dire qu’il a perdu.

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