Dénoncer les médecins fraudeurs en un clic

Les mutuelles, sur leur site web, ont mis en place un  point de contact méconnu depuis le 1 er janvier 2018 pour signaler les prestataires ou les institutions de soins coupables de fraude. Solidaris n'en veut pas.

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A la sortie d’une consultation médicale, certain(e)s patients s’étonnent des montants réclamés par un médecin. (Voir le dossier complet dans l’édition papier de Moustique) Avant le 1er janvier 2018, ils pouvaient en référer à leur mutuelle ou à l’INAMI par écrit ou par téléphone. Afin de mieux centraliser, les plaintes, dans le cadre de son plan d’action en matière de contrôle des soins de santé, la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block (Open VLD) a demandé aux mutuelles d’indiquer un point de contact pour dénoncer les prestataires ou les institutions de soins « fraudeurs » sur leur site. 

« Nous avons reçu la demande de la ministre et cela fait partie des missions des mutuelles. Cela s’inscrit dans notre rôle de cogestionnaire de l’assurance obligatoire et fait partie de la défense des membres notamment au niveau tarifaire », souligne Virginie Scaillet, cheffe de service Marketing Information et communication aux Mutualités chrétiennes.

Le personnel de première ligne est formé à cet effet précise-t-elle encore : « Ce nouveau formulaire de fraude s’est intégré dans notre démarche. On refuse les messages anonymes. On ne traite pas les remontées séparément, on les centralise au niveau national. Les Unions nationales les remontent à une commission centrale qui les transmet à l’Inami. A ce jour, le nombre de formulaire complété via le site web de la mutualité chrétienne est de 75. A cela s’ajoute les remontées orales et écrites ».

Contre les dénonciations anonymes

Pour rappel, avant ce point de contact web, la Mutualité chrétienne avait traité au cours des cinq dernières années 274 dossiers pour un montant de 980.000 euros. Du côté des Mutualités libres, ce point de contact existe aussi sur leur site web : « Il s’agit d’une obligation. Nous l’avons intégré. Nous n’avons toutefois pas encore les chiffres de formulaires remplis » explique Steven Vervaet, responsable  de la communication des Mutualités Libres. Elles regroupent sept mutualités : Euromut/Partenamut, Securex Mutualité Libre, Omnimut, OZ, Partena Ziekenfonds, Freie Krankenkasse.

Du côté de Solidaris, la mutualité socialiste, la réflexion sur ce point de contact est radicalement différente comme l’explique Pierre Cools, Secrétaire Général Adjoint de l’Union Nationale des Mutualités Socialistes : « Nous avons décidé de ne pas afficher ce point de contact sur notre site web après un long débat en interne. Nous sommes évidemment vigilants à la juste de dépense de l’argent en soins de santé et à la lutte contre la fraude des prestataires de soins. Toutefois, nous sommes contre la délation ».

Concrètement, Solidaris continue à recueillir les plaintes de ces affiliés via les autres canaux : « Nous les écoutons et nous transmettons les plaintes lorsque les prestataires de soins ne se comportent pas de manière appropriée avec leur honoraire. Mais nous refusons la délation anonyme ».

Pour Solidaris, la réflexion est plus globale donc, elle condamne les autres méthodes du gouvernement fédéral actuel comme le croisement des données de consommation pour les allocations de chômeurs. « Ce sont des méthodes dangereuses en terme de droits fondamentaux. Il faut évidemment lutter contre la fraude, mais il y a d’autres moyens ».

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