Ce 1er août, nous avons épuisé toutes les ressources de la planète

L'humanité vit à crédit à partir d'aujourd'hui

belgaimage-138486769

Ce mercredi 1er août marque le «jour du dépassement», celui où le seuil de renouvellement de la planète est franchi. Nous allons donc vivre les 5 mois qui nous séparent de 2019 à crédit: l’humanité a épuisé toutes les ressources que la Terre pouvait fournir en un an, que ce soit en arbres, en eau, en sols ou en poissons. Pour produire d’avantage, il va falloir surexploiter les écosystèmes et abîmer encore un peu plus notre planète, qui n’aura pas la capacité de se régénérer complètement. C’est ce que révèle l’ONG Global Footprint Network, qui explique également que cette date «du dépassement» avance chaque année depuis sa création en 1970: c’est la première fois qu’elle tombe un 1er août.

En 2018, la bascule s’opère ainsi deux jours plus tôt qu’en 2017, un mois plus tôt qu’en 2004 et quatre mois plus tôt qu’en 1975. «Il nous faudrait aujourd’hui l’équivalent de 1,7 Terre pour subvenir à nos besoins», souligne WWF dans un communiqué. Dans un monde où un tiers des aliments finissent à la poubelle, où chaque mail conservé génère 10 g de CO2, soit à peu près le bilan carbone d’un sac plastique, et où 15 millions d’hectares de forêts anciennes sont abattues chaque année, il est impératif que notre manière de consommer évolue et ce particulièrement dans les pays riches.

Belga Image

Sans surprise, ces derniers affichent des résultats critiques. Le Qatar, le Koweït et le Luxembourg sont en haut du triste classement des nations les plus polluantes du monde -en raison du ratio entre leur densité de population et leurs émissions de CO2- alors que le Vietnam et la Jamaïque viennent contrebalancer cette tendance. En effet, si toute la planète vivait comme les habitants du Luxembourg, le jour du dépassement serait le 19 février alors qu’au contraire, si la population mondiale adoptait le mode de vie des Jamaïcains, elle serait déplacée au 13 décembre.

Mais la situation n’est pas inexorable, il existe de nombreuses solutions pour faire reculer cette date critique, notamment le fait de diminuer la consommation énergétique des bâtiments en construisant des habitations autonomes pourrait faire reculer le « jour du dépassement » de 21 jours. Même schéma du côté de notre alimentation, puisqu’une étude réalisée par WWF et ECO2 Initiative estime qu’une diminution de 31% de notre consommation de viande, de 40% de celle des poissons sauvages et de 69% des produits transformés industriels, largement présents aujourd’hui dans le panier alimentaire moyen d’une famille de 4 personnes, permettrait de réduire de 38% l’impact carbone du panier hebdomadaire et de 21% son coût.

Une courbe qui suit pourtant le schéma inverse, comme le démontre une analyse parue dans le magazine Sciences. La quantité moyenne de viande consommée par personne dans le monde a presque doublé au cours des 50 dernières années, passant de 23 kg en 1961 à 43 kg en 2014 … Le professeur britannique Tim Key, épidémiologiste à l’Université d’Oxford et co-auteur de l’étude expliquait ainsi au Guardian « Il est difficile d’imaginer comment le monde pourrait fournir à une population de plus de 10 milliards de personnes la quantité de viande actuellement consommée dans la plupart des pays à revenu élevé, sans effets négatifs substantiels sur l’environnement ». Et pour cause : 15 kilos de céréales et 15.000 litres d’eau sont nécessaires à la production d’un kilo de viande. Face à de tels constats, il est aujourd’hui est impératif d’agir… sans quoi la Terre pourrait rapidement décider de se passer de nous.

Sur le même sujet
Plus d'actualité