Nous sommes la Belgique

Elle était belle, cette frénésie des Belges à vouloir être ensemble, tous ensemble…

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Grâce à vingt-trois gamins, le cœur des Belges a battu. Fort. Et en beauté. Bien sûr, Bart, Theo et les autres semeurs d’embrouille ne l’ont pas vue, cette beauté. Ils auraient dû la regarder. Ils auraient vu les Belges d’aujourd’hui. Pendant un mois, ils étaient là, devant les écrans géants d’Anvers, de Namur, de Schaerbeek et d’ailleurs: des centaines de milliers de Jonathan, de Geert, de Mohamed, de Gino, de Léa, d’Aïcha, de Fred, de Memet et de Lotte qui se tombaient dans les bras. Dimanche à Bruxelles, tous gueulaient joyeusement leur fierté. Ils exprimaient aussi un sentiment que les fabricants de barrières ne ressentent pas: la jubilation d’être ensemble. Ils fêtaient Eden le génial ambianceur wallon AVEC Kevin le sérieux géomètre flamand, mais qui s’en bat les couilles. Thibaut, le géant limbourgeois au prénom francophone, meilleur gardien du monde, ils le fêtaient AVEC Thomas le facétieux marathonien gaumais.

Le Dries de poche AVEC le Thorgan petit frère et AVEC Jan le beau discret des Flandres. Et ceux-là, ils les fêtaient AVEC Marouane et Nacer, gosses d’immigrés marocains et sauveurs de la Belgique contre les ardeurs nippones. AVEC Romelu, le colosse belgo-congolais. AVEC Axel le mulâtre liégeois et Vincent le prince des quartiers métissés bruxellois. Ils fêtaient Yannick le Belgo-Espagnol, Adnan le Belgo-Albanais, et Mousa, Dedryck, Youri, Michy… Une moitié des Diables issue de la “diversité” belge de 2018. Une moitié de Diables dont les parents ou les grands-parents, un jour, ont été des migrants… Depuis un mois, des echte Vlamingen qui s’expriment en français, des binamés Wallons qui djasent flamin et des fils de l’immigration qui parlent parfois les deux langues ont fait bondir ensemble le cœur des Belges. Qui le leur ont bien rendu en leur hurlant: vous êtes la Belgique, nous sommes la Belgique! Le cri est d’autant plus beau qu’il est désespéré. Dans quelques jours, Bart et ses démolisseurs vont se remettre à touiller dans la marmite fétide des différences, des barrières sociales, raciales, religieuses et linguistiques. Parce que c’est leur seul projet de société. Parce qu’ils sont loin du vrai cœur des Belges. Très loin.

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