En Iran, danser peut vous mener en prison

Lancé le 9 juillet par Amnesty International, le hashtag #DancingIsNotACrime soutient les Iraniennes arrêtées pour avoir dansé en public.

Maedeh Hojabri © Instagram

Elle s’appelle Maedeh Hojabri et elle n’a que 18 ans. Son nom est désormais connu, car cette jeune gymnaste iranienne a été arrêtée le 6 juillet dernier. Son crime ? Avoir publié sur Instagram des vidéos d’elle en train de danser… Selon le Code pénal iranien, les femmes ne peuvent danser devant des hommes que dans le cadre familial et doivent, dans tous les cas, porter le voile. Maedeh n’est pas la seule à avoir payé pour son audace. Quatre autres personnes auraient également été arrêtées le mois dernier pour avoir « publié des contenus immoraux » et porté « atteinte à la moralité islamique », selon la cyberpolice iranienne. Libérée sous caution, Maedeh est apparue en larmes sur la chaîne publique Irib TV, admettant que ses vidéos « enfreignaient les normes morales de son pays » et qu’elle n’avait « aucune intention d’encourager les autres à faire la même chose ».

Danser n’est pas un crime

Depuis ces arrestations, de nombreux internautes ont réagi en postant des vidéos d’eux en train de danser. C’est notamment le cas de l’ancien journaliste Milad Fadai Asl qui a tweeté « Voici ma danse. Je suis à l’atelier et je pense aux danseurs emprisonnés. Laissez-les être libres, laissez les gens avoir du plaisir“. En Iran, le hashtag #Beraghs_ta_beraghsim (“Danse pour que nous continuions à danser“ en persan) est depuis devenu très populaire, tout comme #DancingIsNotACrime lancé par Amnesty International.

Si cet élan solidaire est beau à voir, il n’empêche cependant pas les lois iraniennes de persécuter sa population. Selon Courrier International, la cyberpolice a annoncé que les contenus de 51 000 pages populaires sur Instagram font l’objet d’une enquête et que les « hors-la-loi » seraient « sévèrement punis ». Beaucoup craignent même qu’Instagram, le seul réseau social occidental encore autorisé en Iran, ne soit bientôt censuré… 

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