Que valent vraiment les médecines parallèles?

Thierry Janssen, ancien chirurgien reconverti à la “médecine intégrative”, cloue Maggie De Block au pilori.  Elle serait une ministre de la maladie, et non de la Santé.

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Il rayonne. Il bouillonne. Il frissonne. Tout à la fois chantre, militant et pratiquant des médecines non conventionnelles, Thierry Janssen explore à présent la spiritualité qui sera le thème de son prochain livre, à paraître en décembre. Psychothérapeute spécialisé dans l’accompagnement des patients atteints de maladies physiques, il a signé quelques best-sellers comme La solution intérieure ou La maladie a-t-elle un sens?

 

La ministre De Block estime que les médecines alternatives font autant de bien qu’un bain chaud…

THIERRY JANSSEN – Ce sont des outrages. On désinforme la population et on fait offense à la science. Dans les plus grandes universités aujourd’hui, des études montrent qu’il y a des résultats. Cela nous oblige à revoir nos paradigmes concernant les énergies et vibrations en ne considérant plus seulement la matière. Il y a quelques années, j’ai été invité par le propriétaire d’UCB Pharma à La Hulpe pour   parler des médecines alternatives. J’ai trouvé ça curieux de la part d’un des plus puissants laboratoires de pharmacie conventionnelle. Il m’a dit: “Mes ancêtres avaient compris que la chimie allait changer le monde. Aujourd’hui, c’est ce que vous expliquez qui va le changer. Et nous sommes une famille visionnaire”.

Pourquoi faudrait-il reconnaître les médecines alternatives?

Il ne s’agit pas d’un combat. Aujourd’hui il y a une médecine dominante et très industrielle. Et nous n’avons pas une ministre de la Santé, mais bien de la maladie. Si nous avions un vrai système de santé, nous aurions une vraie prévention. Et nous changerions notre façon de consommer et de polluer. Le système traite aujourd’hui les méfaits qu’il crée lui-même. C’est un système qui tourne sur lui-même. Ça arrange le système qu’il y ait des malades, ça lui rapporte.

Que faudrait-il faire?

Il faut se reposer des questions philosophiques. Le cancer est une maladie de la pollution, de la consommation et d’une mauvaise hygiène de vie. Et quand on parle prévention, on avance des dépistages. Mais dépister une maladie, ce n’est pas prévenir puisque la maladie est déjà là. Il y a dix ans, quand j’ai publié La solution est en vous, il y avait un chapitre consacré à la méditation. On riait de moi. Aujourd’hui plus personne ne conteste que la méditation guérit.

L’efficacité des pratiques alternatives reste difficile à quantifier, cerner, mesurer…

L’homéopathie fonctionne. Même si ce n’était qu’un placebo, on serait déjà content. Mais en plus cela agit sur le psychisme, sur les tensions, sur la personne dans sa multidimensionnalité, y compris psychologique. Au Japon, des chercheurs ont voulu mesurer ce que le yoga apportait. Ils se sont aperçus qu’il était très difficile de quantifier ça. C’est ce qui se passe avec les médecines complémentaires: plus l’effet d’un traitement est complexe, plus celui-ci est difficile à évaluer. Il faut une science qui soit capable de faire des liens pour évaluer les médecines complémentaires. Einstein disait: “On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qui l’a créé”.

Vous avez pratiqué la médecine conventionnelle comme chirurgien. Elle a des côtés bénéfiques tout de même…

La médecine occidentale a apporté le traitement des maladies aiguës, des urgences. Mais pour tout ce qui est chronique, elle est en échec. La chirurgie a aussi permis de réparer les corps. Les antibiotiques ont permis de sauver des vies même si à force d’en avaler on est quasi au bout de notre arsenal de ce côté-là. Les médicaments traditionnels traitent la plupart du temps des symptômes et non des causes. On n’écoute pas plus en profondeur que ça. Or, la maladie n’est que la tentative d’un organisme de retrouver un équilibre dans un ensemble perturbé. C’est ce que soignent les médecines chinoises et ancestrales. S’il y a de la fumée et que vous toussez, vous pouvez prendre un antitoux, mais si vous n’écoutez pas le fait qu’il y a trop de fumée, vous ne résolvez rien. Cette réflexion sur la médecine ne se fait pas.

Les médecines alternatives apporteraient  un humanisme qui s’est perdu en route?

Elles apportent certainement quelque chose de plus en termes de relation. Mais elles ont aussi une vraie efficacité sur la chimie du corps. L’alimentation est très importante. On ne parle pas là de poudre de perlimpinpin. On commence à introduire la diété-tique dans le traitement des cancers. Il ne s’agit pas que du choix des aliments mais aussi de leur qualité. Un poisson trempé dans du mercure, ça ne sert à rien. Par exemple.

Les gens sont en train de modifier leurs habitudes de traitement?

Les êtres humains se voient autrement aujourd’hui. Leur vision change et leur comportement aussi. Pendant 300 ans, on s’est considérés comme des machines, comme isolés. L’être humain s’est vu en morceaux. On a des populations entières sous antidépresseurs. On est en train de comprendre qu’on s’est fourvoyés. Nous sommes tous reliés. Tout est vibratoire et énergétique. Nous sommes une émanation de la nature. Et nous l’avons nié. Avant le Ve siècle avant Jésus-Christ, on écoutait le monde. Depuis lors, on pense le monde. L’état de notre société est déplorable. Il y a une souffrance et une perte de joie   profondes. Les gens survivent dans un mode de vie dans lequel ils se sentent embarqués. Or ils ne le sont pas: c’est une croyance. À nos enfants, nous devons apprendre un mode de vie sain, y compris sur le plan mental.

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