USA: les enfants migrants pourraient ne jamais retrouver leurs parents

La politique de "tolérance zéro" de l'administration Trump a séparé de nombreuses familles. Mais malgré la signature d'un décret mercredi interdisant ces pratiques, les mineurs arrêtés ces cinq dernières semaines ne sont pas certains de retrouver leurs parents.

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Entreposés dans des cages et séparés de leurs familles. Voilà le sort réservé à quelques 2.300 enfants, parfois très jeunes, accusés d’avoir franchi illégalement la frontière entre le Mexique et les États-Unis ces cinq dernières semaines. Le résultat de la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump. Du jamais vu aux USA. Un scandale révélé il y a quelques jours, notamment suite à un enregistrement audio atroce capté dans le centre McAllen, au Texas, où l’on entend des enfants sangloter en appelant leurs parents, mais surtout par l’image d’une petite hondurienne de 2 ans qui pleure face à sa mère en train de se faire fouiller. Ce cliché fort, saisi par le photojournaliste John Moore le 12 juin dernier, a fait le tour du monde et se retrouve aujourd’hui en couverture du Time. Le magazine, qui titre sur un fond rouge vif « Welcome to America », la met en scène face à un Trump impassible.

Jusqu’il y a peu, les migrants qui traversaient la frontière américaine étaient jugés pour des délits mineurs, puis relâchés. Ils sont aujourd’hui considérés comme des criminels, ce qui permet au gouvernement de leur retirer la garde de leurs enfants et de les séparer. Une technique inhumaine, pensée pour dissuader les sans papiers de tenter de passer du Mexique aux États-Unis, qui poussera même de nombreux républicains à s’indigner, comme Laura Bush. L’épouse de George W. Bush a ainsi indiqué dans un tweet considérer cette politique cruelle et immorale. De nombreux pays d’Amérique du Sud ont également réagi. Le Mexique, par le biais de son ministre des affaires étrangères Luis Videgaray: «Nous lançons un appel au gouvernement américain, au plus haut niveau, pour qu’il reconsidère cette politique et donne priorité au bien-être et aux droits des petits garçons et petites filles, indépendamment de leur nationalité et de leur situation migratoire»

Qu’adviendra-t-il des enfants séparés de leurs familles?

Face à l’indignation générale, le Président américain a finalement décidé de faire marche arrière mercredi et de mettre fin à la politique de séparation des familles de migrants instituée par son administration (sur une idée de Stephen Miller, conseiller de Trump réputé pour ses positions ultra-conservatrices). Ce qui signifie, en bref, que les familles de sans papiers seront désormais enfermées ensemble. Mais malgré la signature de ce décret, les mineurs arrêtés ces cinq dernières semaines ne sont pas certains de retrouver leurs parents. Il semblerait même que ce soit le contraire. En effet, à partir du moment où un parent perd la garde de son enfant sur le sol américain, le département de la Santé et des Services sociaux (HHS) tente de le placer chez un proche ou dans une famille d’accueil. Une mère guatémaltèque expliquait ainsi au New York Times avoir été expulsée du territoire sans son fils et sans avoir la moindre indication de l’endroit où il se trouvait.

L’ancien directeur de la politique de l’immigration des USA, John Sandweg, s’est également exprimé à ce sujet, expliquant «que nous allons voir des centaines de cas où les enfants ont été séparés de leurs parents de façon permanente, devenant des pupilles des États-Unis. Si l’administration ne réunit pas très rapidement ces enfants avec leurs parents, ce qui est très difficile à faire d’un point de vue logistique, il y aura beaucoup de séparations définitives.»

 

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