C’est la luuutte fiscale…

Comment va la traque de la fraude fiscale ? Bien, puisque c’est la N-VA qui s’en charge…

Johan Van Overtveldt © Belga Image

Je demande ça parce qu’elle nous coûte quand même une rawette de 30 milliards, à nous qui payons nos impôts. Et parce que Charles Michel l’a encore répété fin 2017 : “La lutte contre la fraude fiscale est et restera une priorité absolue !” Je demande ça aussi parce que depuis que la chasse aux fraudeurs est une priorité absolue, il y a eu les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers et les Paradise Papers. Mais la N-VA s’en occupe ! Contrairement à la traque des migrants, depuis que Elke Sleurs a été remerciée (pour inaction), nous n’avons plus de secrétaire d’État dédié à la traque de la fraude fiscale (je répète: 30 milliards !). Pas besoin. Parce que, pour lutter efficacement, nous avons une autre flèche de la “bonne gestion” N-VA (un pléonasme) : le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt. Son palmarès anti-fraude fait envie. La taxe Caïman, par exemple, visait à rapatrier les brouettes de deniers belges planqués dans les paradis fiscaux offshore. Elle devait rapporter 510 millions en 2017, foi de Johan, tellement elle était bien ficelée. Elle a finalement ramené au Trésor public la somme faramineuse de… 5 millions d’euros. Un centième, oui. Johan est aussi le gourou de la nouvelle loi sur les comptes-titres. Si vous en possédez, vous serez désormais ponctionné. Ou pas. Parce que Johan vous a prévu une gentille dérobade : si vous partagez vos avoirs avec un enfant, les désormais “co- titulaires” de ces compte-titres passent sous le seuil imposable. Youp là !

Et puis, pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, il faut des contrôleurs. Et là, dès 2015, c’était promis par Johan et estampillé Charles Michel (d’où la crédibilité) : pour compenser les départs à la retraite des agents du fisc, il aurait fallu un renfort caisse. Un départ pour une embauche. Un engagement vérifiable, puisque Johan vient de fournir les chiffres : en moins de deux ans, le service des contrôleurs du fisc du SPF Finances a diminué de 9 %. Donc ça nous fait une mauvaise et une bonne nouvelle. La bonne pour les fraudeurs : ils pourront largement continuer. La mauvaise pour les autres : ils devront continuer d’éponger pour les fraudeurs. Je re-répète: 30 milliards !

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