Une femme se fait faucher par un train, un homme décide de prendre un selfie

Cette scène abjecte s'est déroulée en Italie. Mais dans quelle société vivons-nous?

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Nous sommes un samedi, dans la gare de la petite ville de Piacenza, au sud-est de Milan. Une femme, qui vient de se faire happer par un train, se fait secourir par les pompiers. La situation est grave, elle perd beaucoup de sang. Il faudra finalement lui amputer une jambe. Dans ces conditions, difficile de comprendre le geste d’un homme, qui s’est tout simplement posté le long du quai sans la moindre émotion. Il a ensuite dégainé son smartphone, fait le V de victoire et s’est pris en photo l’air de dire : « Regardez la situation improbable que je suis en train de vivre.« 

Aucune empathie, aucun effroi face à une femme qui vient de se faire faucher par un train. Mais quelle est cette société qui fait primer les réseaux sociaux à la bienséance? Giorgio Lambri, le photographe qui a immortalisé cette scène absurde, raconte les coulisses de ce moment malsain sur Facebook. « Je vous raconte la photo que j’ai prise il y a quelques jours et dont la légende pourrait être ‘Houston, on a un problème!’ C’est-à-dire qu’on a complètement perdu le sens éthique… » Selon les dires de la police, l’auteur du selfie a été appréhendé et forcé de supprimer la photo de son téléphone. Et le pire, c’est que l’article du quotidien Libertà qui a publié ce cliché précise qu’il ne comprenait pas ce qu’il avait fait de mal et qu’il ne voulait pas, dans un premier temps, effacer sa photo.

De nombreuses personnes ont évidemment relayé cette histoire sur les réseaux sociaux, faisant part de leur indignation face à un comportement aussi peu respectueux. On y lit notamment des tweets qui mentionnent que « C’est juste de la folie totale. » ou encore d’autres qui s’interrogent légitimement « Quel sens macabre de l’ego fait qu’une personne pense qu’il est approprié de capturer la souffrance humaine pour obtenir des « likes »? Ayez de la décence. » Une attitude, qui, si elle n’est pas condamnable juridiquement, l’est totalement moralement. Peut-être serait-il temps de se reconnecter à l’autre, à défaut de vouloir faire fructifier son réseau virtuel.

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