Pourquoi la condamnation à mort du Belge Tarik Jadaoun est un cas de conscience

Le Belge Tarik Jadaoun a été condamné à la mort par pendaison en Irak pour son appartenance à l’État islamique. Un cas de conscience pour notre pays démocratique.

Tarik Jadaoun ©BelgaImage

30

Le nombre de jours dont Tarik Jadaoun dispose pour faire appel. En 2014, il a rejoint le groupe terroriste État islamique et est apparu dans plusieurs vidéos de propagande. 

20.000 

Le nombre de détenus enfermés en Irak pour leur appartenance à Daesh, selon l’agence Associated Press. 3.000 d’entre eux auraient déjà été condamnés à mort. 

13 

Parmi les prisonniers, on trouverait un autre Belge. Selon le ministère de l’Intérieur, une douzaine de citoyens belges seraient par ailleurs emprisonnés en Syrie et risqueraient d’être livrés à l’Irak. 

4e 

Selon Amnesty International, l’Irak est le quatrième pays au monde qui exécute le plus (125 en 2017), derrière l’Arabie saoudite (146), l’Iran (507) et la Chine (plus de 1.000). À ce jour, aucun membre occidental de l’EI cependant n’a été exécuté par l’État irakien. 

1996 

La date de la loi pénale interdisant la peine de mort en Belgique. Ce n’est qu’en 2005 que l’abolition définitive est apparue dans la Constitution. Dernière peine capitale prononcée: contre Philipp Schmitt, commandant du camp de Breendonk, en 1950.

L’usage de la peine de mort dans le monde est en net recul. L’an dernier, Amnesty International a comptabilisé 993 cas dans 23 pays, soit 39 % de moins qu’en 2015 qui était la pire année du siècle. Depuis 1950, la Belgique n’avait plus été concernée par une peine capitale. L’an prochain, l’État hébergera même le septième congrès mondial contre la peine de mort. C’est pourquoi le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a demandé à son homologue irakien d’empêcher l’exécution de Tarik Jadaoun. Question de principe. Il ne s’agit pas seulement de transformer la sentence en une peine de prison à vie. La Belgique doit aussi se battre pour garantir à son ressortissant un procès équitable. Le parquet fédéral a ainsi demandé à s’entretenir avec le condamné qui prétend détenir une information qui aiderait notre pays. Rien ne garantit cependant que l’État belge sera entendu.

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