Daniel Bacquelaine : « La moyenne des pensions augmentera »

Entre la manifestation monstre qui l’a brocardé et les questions parlementaires qui ont fusé, le ministre des Pensions défend sa réforme.

Daniel Bacquelaine ignore quand il partira à la pension mais sait qu'il touchera 3500 euros. ©BelgaImage

Considérez-vous que votre métier est devrait appartenir à la catégorie des métiers “pénibles”?

DANIEL BACQUELAINE – Ce n’est pas tout à fait un métier, c’est une fonction. La réforme des pensions sur laquelle je travaille provoque des interrogations tout à fait légitimes. Dans notre cadre démocratique, nous sommes dans un système majorité/opposition. Et, s’agissant de ces réformes, l’opposition attise les inquiétudes… Mais je n’employerais pas le mot “pénible”, mais plutôt de “regrettable”. Certains sujets méritent un travail de fond, basé sur l’objectivité, la recherche de la vérité. L’opposition a décidé de livrer un combat très politicien, je pense notamment à Mr. Di Rupo qui prétend revenir à 65 ans pour l’âge de la pension, alors que le standard européen est de 67 ans. Il n’y a que trois acteurs en Europe qui veulent revenir sur le relèvement de l’âge de la pension: Mr Di Rupo, Mr Berlusconi et le gouvernement polonais… Tous les autres disent que la période d’activité doit être plus importante. On ne peut pas ignorer l’allongement de l’espérance de vie. 

Avec votre réforme, la pension moyenne augmentera-t-elle ?

La moyenne des pensions augmentera. Depuis le début de la législature, d’ailleurs, la pension minimum est augmentée de 160 euros par mois en pour les indépendants et de 95 euros pour les salariés… 

Selon vous, votre réforme va augmenter le taux de remplacement, mais aussi le montant de la pension moyenne et les pensions minimales… Pourquoi alors ces 60.000 personnes dans la rue?
Je pense que certains syndicats, notamment la FGTB, font partie d’une action commune politique d’opposition, et distillent des informations qui sont fausses ou inexactes qui visent à créer de l’angoisse. C’est une démarche populiste classique.

 La pension à points contre laquelle les syndicats ont manifesté n’est pas la mienne ! C’est de la pure et simple mauvaise foi !

Cependant, il y avait également des membres du syndicat libéral…

Je crois qu’il y a une forme de contagion de l’idée du “front commun syndical” selon laquelle personne ne veut être “en reste”… Mais il y a des nuances dans les discours: certains sont plus favorables à la concertation, d’autres sont dans une logique d’opposition… Il y avait deux revendications à la manifestation. La première, c’est la pénibilité. Ils ne sont pas contre le principe puisque j’ouvre de nouveaux droits. Ils font simplement monter les enchères – pour augmenter le nombre de professions émargeant à cette catégorie – ce qui fait partie du “jeu classique”. Mais la seconde revendication c’était la pension à points mais “revue et corrigée par eux”. Surréaliste, de la pure invention! Il y a eu un tel déversement de messages contradictoires et de fausses informations que je dirais que certains syndicats ont la volonté de désinformer la population. 

Vous êtes fâché, là ?

Ce n’est pas que je suis fâché, je regrette cette attitude. La pension à points contre laquelle les syndicats ont manifesté n’est pas la mienne ! C’est de la pure et simple mauvaise foi !

Vous avez 65 ans, quand allez-vous prendre votre retraite ?

Je ne sais pas, je n’ai pas fait de plan de ce genre…

Si vous ne savez pas quand, vous savez avec combien vous allez partir ?

Oui. Une retraite de parlementaire: 3.500 euros.

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