Respirer tue : infographie et notes d’espoir

La planète étouffe... et nous aussi. Deux récents rapports poussent un cri d'alarme. Les gouvernements des différents pays du monde vont-ils l'entendre ?

Pollution à Lisbonne © Unsplash / Carolina Pimenta

Le soleil est là, les oiseaux chantent et les verres en terrasses s’enchaînent. Mais une triste nouvelle vient ternir ce joli début mai : le mois d’avril a battu un record concernant la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère en franchissant les 410 ppm (partie par million). Ceci entraîne la planète à se réchauffer au-delà des niveaux jugés “sûrs“ par les scientifiques et la communauté internationale. La barre des 300 ppm serait en effet la limite. C’est pourtant en 1950 qu’elle est dépassée pour la première fois. En 2016, le niveau de concentration monte à 403,3 ppm. À titre de comparaison, les concentrations en dioxyde de carbone étaient de 280 ppm vers 1880, juste avant la révolution industrielle. Elles sont donc désormais 46% plus élevées.

Si l’environnement est directement et gravement touché, nous le sommes aussi. Un récent rapport de l’Organisation mondiale de la Santé estime que neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde. Sept millions de personnes décèdent chaque année à cause de la pollution de l’air intérieur et extérieur. « Un chiffre préoccupant » pour l’OMS. Les particules fines qui composent l’air pollué pénètrent en fait dans les poumons et le système cardiovasculaire, causant accidents vasculaires cérébraux (AVC), cardiopathies, cancers du poumon, infections respiratoires et autres affections graves. Les pays pauvres sont les plus touchés puisque plus de 90% des décès dus à la pollution de l’air ont lieu dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Pour y voir plus clair, voici les informations principales du rapport de l’OMS.

 

Pour remédier au problème, l’OMS suggère plusieurs solutions : « investir dans la production d’électricité à haut rendement énergétique, améliorer la gestion des déchets, réduire l’incinération des déchets agricoles, les incendies de forêt et certaines activités agroforestières, construire des villes plus vertes, fournir un accès universel à des combustibles et technologies propres et financièrement accessibles pour la cuisine, le chauffage et la lumière, et établir des systèmes de transports publics abordables ainsi que des réseaux prenant en compte les besoins des piétons et des cyclistes ».

Selon un classement Travelbird, Reykjavik (Islande) est la ville la plus verte du monde © Unsplash / Evelyn Paris

L’Organisation reste positive. Plus de 4300 villes et 108 pays sont inscrits dans sa base de données sur la qualité de l’air ambiant et l’ajout de milliers de villes supplémentaires à celle-ci en 2016 montre pour elle « que les pays sont plus nombreux que jamais à mesurer la pollution de l’air et à prendre des mesures pour la réduire ». Récemment, Mexico a décidé de rendre ses normes pour les véhicules plus écologiques en interdisant par exemple les voitures diesel appartenant aux particuliers d’ici 2025. « La bonne nouvelle est que les gouvernements sont toujours plus nombreux à s’engager davantage pour la surveillance et la réduction de la pollution de l’air, et que des secteurs comme la santé, les transports, le logement et l’énergie agissent davantage à l’échelle mondiale », a déclaré le Docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

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