Des excuses pour l’histoire

Les excuses du pape François envers les autochtones du Canada se font toujours attendre. Par contre, d'autres hauts dirigeants avant lui ont pris leurs responsabilités envers les minorités opprimées. Une liste non-exhaustive des pays qui ont décidé de se confronter à leur passé.

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1. Aux autochtones au Canada

En 2015, Justin Trudeau a présenté ses excuses aux autochtones canadiens pour “montrer qu’en tant que gouvernement et en tant que pays, nous acceptons la responsabilité de nos erreurs.” Des milliers d’enfants (amérindiens, métis et inuits) ont été arrachés à leur famille et victimes d’abus sexuels dans des pensionnats catholique de la fin du 19e siècle aux années 1970. Pour rappel, ils attendent toujours celles du Pape François.

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2. Aux afro-descendants aux Etats-Unis

Au nom du peuple américain, le Sénat a formellement présenté ses excuses pour “l’esclavage et la ségrégation raciale” envers les afro-descendants. Le texte reconnaît “l’injustice fondamentale, la cruauté, la brutalité et l’inhumanité de l’esclavage” et des lois ségrégationnistes. Une résolution symbolique, votée et acclamée en 2009, longtemps attendue par les afro-descendants.

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3. Aux juifs en France

Jacques Chirac a reconnu pour la première fois la responsabilité de la France dans la déportation et l’extermination de juifs durant la seconde guerre mondiale. Alors qu’il n’est président que depuis quelques semaines, en 1995, il a publiquement regretté “ces heures noires souillent à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français.” 

4. Aux personnes homosexuelles en Ecosse

Les actes consentis entre hommes étaient pénalement punissables jusqu’en 1981 en Écosse. En 2017, la première ministre, Nicola Sturgeon, a demandé pardon à toutes les victimes de cette législation homophobe “je tiens à m’excuser de manière catégorique, sans équivoque et sans réserve pour ces lois et pour le mal qu’elles ont représenté pour tant de personnes.”

5. Aux personnes LGBTQ au Canada

En larmes, Justin Trudeau a demandé pardon pour le « rôle qu’a joué le Canada dans l’oppression, la pénalisation et la violence systémique à l’endroit des communautés lesbienne, gay, bisexuelle, transgenres, queer ». Des milliers de carrières ont été brisées par une véritable “chasse aux sorcières” au sein de la fonction publique entre les années 1950 et 1990.  

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6. Aux enfants métis en Belgique

En 2017, l’Eglise catholique belge a présenté ses excuses aux personnes métisses issues de la colonisation “pour la manière dont ils ont été traités par les ordres et les institutions catholiques”. Né d’un père belge et d’une mère africaine, de nombreux enfants ont été élevé dans des établissement religieux. D’autres ont été arrachés à leur mère et envoyés en Belgique sans leur consentement.

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7. Aux esclaves sexuelles coréennes au Japon

200 000 coréennes se sont prostituées de force pour l’armée japonaise pendant la seconde guerre mondiale. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, reconnaît leur responsabilité dans cet esclavage sexuel “nous exprimons notre remord et les excuses du gouvernement ». Le Japon s’engage à indemniser 46 de ces femmes encore en vie.

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8. Aux Aborigènes en Australie

Ils sont des milliers d’enfants, souvent métis, à avoir été enlevés à leur famille pour être placés dans des institutions ou dans des foyers blancs de 1910 à 1970. Le Premier ministre australien, Kevin Rudd, a présenté pour la première fois des excuses officielles “pour les lois et décisions des parlements et gouvernements successifs qui ont causé de grandes peines, des souffrances et des pertes à nos compatriotes australiens”.

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9. Aux kurdes en Turquie

“S’il y a des excuses à présenter au nom de l’Etat (…) je voudrais présenter mes excuses et je présente mes excuses” a déclaré Recep Tayyip Erdogan en 2011. Par ce discours, il brise un pesant tabou, celui du massacre du Dersim qui provoqua la mort de 13.806 Kurdes entre 1936 et 1939. Les Arméniens, en revanche, patientent toujours.

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10.  Aux excuses qu’ils attendent toujours

Une pensée à ceux pour qui aucun “pardon” n’a encore été prononcé.Pour regarder dans notre assiette, on pense notamment aux victimes de la colonisation belge.

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