Un infirmier belge est soupçonné d’être un tueur en série

En Province de Namur, un infirmier de 43 ans, qui travaille depuis une vingtaine d'année, est soupçonné d’avoir empoisonné au moins deux pensionnaires d’une maison de repos à Meux.

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Ces dernières années, plusieurs cas d’infirmier mettant fin à la vie de leur patient ont défrayé la chronique. Le plus proche est sans conteste celui de l’infirmier allemand Niels Högel, qui a reconnu plus de 100 meurtres entre 2000 et 2005. En Belgique, le « diacre de la mort », l’infirmier de Menin, Ivo Poppe, a voulu, lui, abréger les souffrances de plus de 20 de ses patients. Il a été reconnu coupable en janvier dernier par le jury populaire de la cour d’Assises de Flandre occidentale.
Les actes des infirmiers jugés à ce jour, dans ce type d’affaires, sont décortiqués par Pierre Thys, criminologue et Professeur honoraire à l’ULG : « Il y a trois grandes catégories de tueurs en série : des gens altruistes qui le font pour soulager les douleurs de leur patient, ceux qui agissent par profit pour dépouiller leur victime et enfin, les personnes qui veulent exprimer un sentiment de toute puissance, avec ce plaisir de donner la mort. Ils mettent leur crime en scène et sont convaincus qu’ils vont échapper à la justice. »

L’insuline : ce tueur silencieux

En Province de Namur, actuellement Frédéric, âgé de 43 ans est  toujours présumé innocent. Il a toutefois été placé sous mandat d’arrêt et inculpé pour assassinat par empoisonnement. Il est au service de psychiatrie de la prison de Namur. Les enquêteurs analysent pour l’instant les circonstances de plus de 20 autres décès en province de Namur et du Hainaut. Il est notamment suspecté du décès d’une personne, non-diabétique, sur laquelle on a détecté un taux d’insuline anormalement élevé.Au Parquet de Namur, la question est posée:  « Aurait-elle subi une injection inadéquate d’insuline ? » 
Pour rappel, la piqûre d’insuline, si elle n’est pas l’acte idéal pour réaliser des euthanasies, est fréquemment utilisée pour des suicides ou des morts « provoquées » pour abréger les souffrances. La Belgique a déjà connu, des actes de ce type, en 2006 à Loverval dans un home. L’infirmière concernée a été jugée aux Assises du Hainaut en 2009. Un autre cas a eu lieu en 2007, à Gand. Un infirmier de 45 ans avait été démasqué à la suite de quatre assassinats .

Pour Pierre Thys, criminologue, l’empoisonnement est avant tout un acte féminin. « Dans le monde soignant, la connaissance technique et les moyens médicamenteux à disposition peuvent évidemment amener à ce que les hommes en usent également. En plus, la mort par insuline n’est pas facilement détectable et les médecins ou les familles n’y pensent pas toujours. »
Dans ce type d’enquête, pour les enquêteurs, la tâche peut se complexifier : « Notamment parce que certains tueurs en série connaissaient des période de « refroidissement » où pendant des mois ou des années, ils ne commettent plus de crimes. » Ces actes restent heureusement relativement rares. « Le phénomène des tueurs en série, lorsqu’ils sont médiatisés, reste avant tout axé sur la dimension sexuelle (Dutroux, Fourniret….) et moins dans les autres formes comme celles des infirmiers. »

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