La guerre au plastique est déclarée

Face au désastre climatique, de plus en plus d’initiatives voient le jour pour supprimer définitivement l’ennemi juré des océans, de la nature, de la biodiversité et de notre santé : le plastique.

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Chaque année, huit millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans. Un rapport de 2016 de la fondation Ellen MacArthur prévoit d’ailleurs qu’il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans d’ici 2050. Même l’océan Arctique n’est pas épargné. En faisant fondre des échantillons de glace prélevés sur la banquise, une équipe de scientifiques allemands y a retrouvé 17 types de plastiques. Sur les cinq zones analysées, aucune n’est vierge de déchets. Les échantillons contiennent presque uniquement du polyéthylène, un plastique provenant des sacs, bouteilles et emballages. Notre consommation de plastique est affolante. Mais heureusement, des solutions existent. Petit tour des dernières initiatives qui font la guerre au plastique.

Une bactérie mangeuse de plastique

Ideonella sakaiensis. Retenez ce nom (mais non, ce n’est pas si compliqué), car cette bactérie pourrait bien nous sauver. Découverte en 2016 par des chercheurs japonais, elle a récemment bénéficié d’un petit lifting de la part de scientifiques anglais et américains de l’Université de Portsmouth. En voulant analyser sa structure, ces derniers l’ont en effet améliorée « sans le faire exprès ». Le hasard ferait donc parfois bien les choses. La bactérie se nourrit en fait d’un type de plastique (le PET utilisé dans la fabrication de bouteilles en plastique) en confectionnant une certaine enzyme. Les chercheurs ont (tout simplement) modifié cette enzyme, rendant la bactérie encore plus performante : elle peut désormais détruire le plastique PET en à peine quelques jours.

Opération nettoyage

Souvenez-vous. En 2012, un jeune garçon de 17 ans créait un système pour nettoyer les océans de leurs masses de déchets plastiques. Six ans plus tard, l’adolescent néerlandais est devenu (un peu plus) grand et l’Ocean Cleanup est prêt à être lancé. La machine sera envoyée cet été au Great Pacific Garbage Patch, le vortex de déchets du Pacifique Nord constitué de 79 000 tonnes de déchets répartis en 1,8 billion de morceaux. C’est le fameux « continent de plastique » qui s’étend sur une surface de trois fois la France. Les espoirs sont grands : le dispositif inventé par Boyan Slat devrait vider le vortex de la moitié de ses détritus en cinq ans. « Le problème de la pollution plastique a toujours été décrit comme quelque chose d’insoluble. L’Histoire nous a systématiquement rappelé que « nous ne pouvons pas nettoyer et que le mieux que nous pouvons faire est de ne pas aggraver la situation ». Pour moi, c’est un message peu inspirant », a déclaré le jeune homme à l’origine du projet, et qui compte bien s’attaquer définitivement à la pollution plastique.

Boyan Slat devant le processus de sa machine pour nettoyer les océans © Belga Image / ANP

Le plastique, c’est fantastique

Des chimistes de l’Université du Colorado ont récemment créé un nouveau type de plastique recyclable à l’infini. Présentant certaines caractéristiques du plastique « classique » (même solidité, durabilité et résistance à la chaleur), il peut cependant être reconverti en sa molécule d’origine et donc être recyclé indéfiniment. Ce processus ne demande de plus aucun produit chimique. « La nouvelle structure de ce polymère lui permet d’être fabriqué dans des conditions respectueuses de l’environnement », affirme le professeur Eugene Chen.

Petites causes, grandes conséquences

Plus de pailles, touillettes et cotons-tiges en plastiques d’ici la fin de l’année. C’est en tout cas l’objectif des autorités britannique qui ont annoncé jeudi 19 avril vouloir débarrasser le pays de ces petits objets du quotidien aux grosses conséquences sur notre planète. Le gouvernement de Theresa May souhaite aussi installer un système de consignes pour les bouteilles en plastique. Chez nous, le sac plastique à usage unique est interdit depuis décembre 2016 en Wallonie, et depuis 2017 à Bruxelles. Les sacs fruits légumes sont par contre autorisés dans les grandes surfaces jusqu’à mars 2020. Cependant, les clients de certains Hypermarchés Carrefour et Carrefour Market peuvent apporter leurs propres sacs et boîtes réutilisables aux comptoirs des services boucherie, traiteur et poissonnerie depuis novembre 2017. Autre bonne nouvelle : le parlement wallon a adopté jeudi 19 avril son plan pour un système de consigne sur les canettes. Plusieurs projets pilotes seront lancé en Wallonie mi-2018 et permettront de recevoir 5 centimes par cannette rendue.

© Unsplash / Danielle MacInnes

Le mois sans plastique

Après la Tournée minérale et les Jours sans viande, voilà le mois anti-plastique. Il débute ce 1er mai en Flandre, mais rien ne vous empêche d’y participer aussi. L’opération est baptisée Mei Plasticvrij et vise à sensibiliser la population sur l’impact qu’à notre consommation de plastique sur l’environnement. « Le problème de la pollution plastique est énorme. Beaucoup de gens veulent changer les choses, mais se sentent impuissants. Nous désirons les inspirer et montrer que des alternatives existent. Nous voulons aussi encourager les entreprises/magasins à ajuster leur offre et le gouvernement à mettre en place de nouvelles lois », déclarent les organisateurs sur le site de la campagne. À l’heure qu’il est, 5048 personnes et 108 organisations se sont déjà inscrites au challenge, et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Début avril, une « Plastic Attack » (provenant d’Angleterre) avait déjà tenté de sensibiliser les consommateurs au sur-emballage à la sortie du Delhaize du boulevard Anspach à Bruxelles.

Capture d'écran © https://www.meiplasticvrij.be

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