Pierre Kroll: « Les Liégeois ont un truc à part »

Liège, une ville qui regorge de talents. On a compilé 16 portraits de ces rebelles qui ont une griffe en commun, un certain atypisme, un truc différent. La preuve aujourd'hui avec Pierre Kroll, le décalé.

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Star des librairies, de la presse, du petit écran et du théâtre, Pierre Kroll pique jusque dans Moustique l’actualité à la pointe de sa plume, depuis plus de trente ans. Le caricaturiste le plus célèbre du royaume vit toujours aujourd’hui sur les hauteurs de la Cité ardente. Vivre à Liège, pour Pierre Kroll, c’est vivre décalé. Et il adore ça. “Mes dessins sont comme des cailloux qu’on jette et je ne sais jamais si ça va casser la vitre de la maison d’à-côté. Pour cela, être à distance du centre de gravité (comprenez “de Bruxelles”), c’est un vrai plus. Dans Le Soir, je refuse un tas de sujets parce qu’ils sont trop bruxellois. Ils ne s’en rendent même plus compte. Mais vu de Liège, les tunnels à Bruxelles, on s’en fout.” Sauf qu’il relativise son arrimage en terres liégeoises. “On n’est que 3 millions et demi, on est tout petit, et habiter Liège, ce n’est pas le bout du monde.”

Liège, ce sont les racines de l’arbre que j’ai plantées moi-même.

Né au Congo d’un père bruxellois et d’une mère namuroise, Pierre Kroll est arrivé à Liège parce que son père y a, un jour, trouvé du travail. “Puis, j’ai été à l’école maternelle et primaire à Ans. Je suis parti étudier l’architecture à La Cambre à Bruxelles, mais j’ai trouvé une petite amie à Liège. Alors j’y suis revenu. Liège, ce sont les racines de l’arbre que j’ai plantées moi-même. Pour mes enfants, c’est différent. Ils sont nés ici.

Si sa fille vit toujours à Liège, les fils Kroll sont partis loin du berceau. Reviendront-ils un jour? Pierre Kroll l’avoue, “les Liégeois ont un truc à part”. Il en veut pour preuve le gala auquel il a assisté l’autre jour, celui de l’ALTB, l’association des Liégeois travaillant à Bruxelles. Oui, cette association existe. Le renouveau de Liège a commencé dans les années 80 et on vient de finir par rendre aux Liégeois leurs quais pour flâner et savourer leur ville. Pierre Kroll, qui a été dans une première et lointaine vie conseiller urbanisme à la Ville, juge ce renouveau peu avant-gardiste. “Je crains qu’on ne trouve dans quelques années Charleroi bien plus intelligente dans sa modernité. La Tour des Finances à Liège, c’est du petit Dubaï d’il y a vingt ans. »

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