Gang des vieux : « 1.500 euros de pension, le minimum décent »

Cette semaine à Bruxelles, un Gang un peu particulier est descendu dans les rues. A sa tête, Michel Huisman, coordinateur du « Gang des Vieux en colère »: « Il y aura d'autres actions croquignolesques pour défendre l'avenir des pensions. » Il annonce qu'ils sont suivis aujourd'hui par 10% de jeunes.

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Combien chaque Belge touchera d’argent pour sa pension dans 5 ans, 10 ans, 30 ans ? Cette question inquiète et divise. Le message du gouvernement n’est pas suffisamment clair, précis ou pédagogue à ce stade pour apaiser les tensions sur cette problématique. Les syndicats se sont déjà mobilisés à de nombreuses reprises dans les rues. Une autre force bat le pavé depuis quelques jours : « Le Gang des Vieux en Colère ». « Nous avons commencé à 18 et nous sommes aujourd’hui plus de 2.500 en tout cas sur les réseaux sociaux », déclare Michel Huisman, administrateur et coordinateur du Gang. « Notre combat vise à ce que chaque belge puisse avoir au moins une pension de 1.500 euros net par mois. C’est un chiffre, un minimum décent, que nous avons calculé pour l’année 2017. En fonction des index, notamment, il devra évoluer dans les années à venir. »

D’où vient ce nom? « En Colère, parce que nous sommes fachés. Vieux, parce que c’est le cas. Gang, parce que si les Gangsters du gouvernement veulent la guerre… Ils l’auront ! »

Le 16 avril dernier, ils étaient une centaine de personnes du Gang sur la place de la Liberté à Bruxelles. D’autres actions sont prévues. « J’ai 73 ans et nos membres ont 70 ans en moyenne. Nous n’allons pas manifester tous les jours mais nous avons prévus de mener des actions originales et croquinolesques dans les mois à venir. Nous serons aussi présents à la manifestation du Front commun syndical le 16 mai prochain. »

Pas Alzheimer

Leur priorité en attendant : la remise en question du travail du ministre « bas de laine » (Bacquelaine). « Certains d’entre nous éprouvent déjà des difficultés au quotidien. Nul doute que ce sera encore plus compliqué pour  nos enfants et nos petits-enfants. Pour cela, il est important que de plus en plus de jeunes se rallient à notre cause. Ils sont déjà 10% de jeunes dans notre Gang. »

Michel Huisman entend mener un combat sur la durée et reconnaît en toute simplicité ne rien attendre de la lettre ouverte remise par une délégation au cabinet du Premier ministre : « Aujourd’hui, on ne peut accepter les réformes du gouvernement fédéral en matière de pension comme l’âge légal de départ à la retraite à 67 ans. Mais le plus inquiétant est certainement celui du nouveau système de pensions à points. On a droit à la dignité. » Le Gang veut aussi que les travailleurs qui le souhaitent puissent prester au-delà de l’âge de la pension tout en défendant le retour de l’âge légal de la pension à 65 ans.

Pour lui, ce combat est sociétal et n’entend aucune récupération politique : «Le gouvernement précédent n’a rien fait d’exceptionnel non plus en la matière. On n’a pas de couleur et on redescendra même dans la rue si le futur gouvernement ne fait rien non plus.» Il exclut même toute volonté de créer un parti : « Ce n’est pas ce que nous cherchons. Nous voulons des pensions plus justes pour tout le monde et nous n’aurons pas Alzheimer au moment de nous rendre dans les urnes.» C’est dit.

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