Ethan Couch, pauvre petit fils riche

Trump a largement simplifié le job d’humoriste. Mais il n’est pas le seul Américain hilarant.

Ethan Couch ©Photo News

Chaque semaine, nous résistons à compiler les délires de Donald Trump. Ce serait trop facile. Cette fois, on doit pourtant le remercier, il a quand même frappé la Syrie qui avait “franchi la ligne rouge” (l’usage d’armes chimiques), là où Obama s’était tenu à un effet d’annonce. Du coup, même en Russie, la télé fait des reportages avec des conseils de survivalistes pour préparer la guerre mondiale à venir. Évidemment, ils précisent que la peur est surtout généralisée en Amérique, le camp des futurs perdants. Mais même sans Trump, les USA peuvent nous surprendre. La compagnie des cafés sucrés Starbucks tente ainsi de s’excuser platement. C’est qu’à l’appel d’un membre de son personnel, la police a débarqué pour obliger deux Noirs qui n’avaient pas passé commande à quitter l’établissement. Comme ils tentaient d’expliquer qu’ils attendaient un troisième larron pour une réunion d’affaires, ils ont été menottés. Leur invité est arrivé. Un client blanc a filmé et diffusé la scène. Une autre a demandé pourquoi cela n’arrive jamais à elle, Blanche, ce genre de zèle policier. Cela se passait heureusement à  Philadelphie, la ville de “l’amour fraternel”. Vous imaginez ce qui se serait passé à Burleson, Texas? 

C’est là qu’en 2013, un ado de 16 ans, ivre au volant, avait tué quatre piétons. Au lieu de 20 ans de détention, Ethan Couch avait été condamné à une simple peine de probation. Ses avocats avaient plaidé avec succès l’irresponsa- bilité. Le garçon était atteint d’“affluenza”, un état d’anxiété et de dégoût qui étreint ceux qui n’ont plus rien à désirer parce qu’ils ont déjà tout. Ses riches parents l’avaient trop gâté. En pénitence, ils ont dû suivre une formation à l’éducation. Comme, deux ans plus tard, Ethan s’était à nouveau mis minable et avait fui avec sa mère pour échapper à la prison, il a été rattrapé et incarcéré. Il est désormais en liberté. Et si les juges américains profitaient de ce retour dans l’actualité pour imaginer une jurisprudence inédite: la pauvreté comme circonstance atténuante. 

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