Scandale Facebook: le viol de millions d’utilisateurs

Les données privées de 50 millions d'utilisateurs ont été détournées. Des milliers de personnes abandonnent Facebook. Des géants du commerce s'en détournent. Le Brexit et l'élection de Trump seraient des dégats collatéraux de ce scandale. On fait le point.

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1. Comment est-ce possible?

« D’un point de vue technique, ce n’est pas une surprise« , explique Pierre Wolper, professeur en informatique de l’ULg. « On donne énormément d’informations à Facebook. Personne ne lit les conditions générales. Et le fait que l’analyse de celles-ci soit possible n’est pas nouveau. Mais que ce soit exploité dans des processus électoraux, c’est très gênant. »

Le problème, c’est qu’on signe d’un clic, sans même lire, un contrat de 50 pages de droit californien. “Facebook dispose d’un nombre de données incroyable, explique Alexandre Alaphilippe, directeur de l’ONG “EU. Disinfolab. Dis”. Peu de gens savaient que des données très personnelles pouvaient être divulguées. Il y a un problème de confiance entre Facebook et les utilisateurs.” Un pop-up quand on installe un sondage suffit.

2. De quoi s’agit-il?

On assiste à une forme plus subtile de manipulation au-delà des publicités ciblées« . Ici, c’est plus précis. Facebook peut être utilisé comme une caisse de résonance. « Il est alors plus facile d’orienter les électeurs et de les pousser dans un sens ou dans un autre. On voit un développement des mouvements extrêmes, favorisé par ce ciblage publicitaire. Le danger ici, c’est que notre processus démocratique soit exploité”, explique Pierre Wolper. Facebook est devenu un outil de propagande et a refusé de communiquer là-dessus “pour des raisons fallacieuses”, selon Alexandre Alaphilippe.

3. Facebook est-il menacé?

Même pas, semble-t-il. Selon Pierre Wolper, “la puissance de la machine Facebook reste extraordinaire et ne s’arrêtera pas comme ça. Facebook est critiqué mais ce sera sans doute comme avec la crise VW.”

“Delete Facebook fait le buzz pour le moment. C’est un vrai scandale de réputation, estime Alexandre Alaphilippe. « Le vrai problème, c’est de faire de l’argent avec ces données. Vous pouvez faire partie d’une campagne politique sans même le savoir, juste parce que vous avez fait un horoscope ou utilisé une application. Facebook détient un monopole d’informations sans aucune règle déontologique.”

4. Comment se protéger?

Il s’agit d’être prudent par rapport à ce qu’on met sur Facebook parce que cela peut être recopié et mis sur la place publique. Et quand on met un commentaire sur Facebook, cela permet de faire connaitre sa façon de penser. Cela peut être utilisé d’un point de vue publicitaire. Les règles de prudence, c’est de ne mettre sur Facebook que ce qu’on accepte qui soit diffusé… dans le monde entier. “En sachant que l’ami d’un jour peut être l’ennemi du lendemain”, tient à préciser Pierre Wolper.

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