Peut-on faire de l’or avec son smartphone?

En ce moment, 10 milliards de téléphones portables dorment dans nos tiroirs. Et seulement 15 % de ceux qu’on remplace sont recyclés.

20170913165911106-0

Le cobalt est une matière première extrêmement rare, mais essentielle pour la production des batteries rechargeables. Or son extraction engendre une pollution inouïe et des conflits géopolitiques, notamment au Congo. Ce pays détient à lui seul la moitié des réserves mondiales, ce qui attise la convoitise des industriels chinois. Il faut dire qu’avec une demande sans cesse croissante, le prix de ce métal a plus que triplé au cours des deux dernières années. En vingt-quatre mois, le cours du cobalt est ainsi passé de 25.000 dollars à 79.600 dollars la tonne. Un bond dû à la frénésie grandissante autour des voitures électriques, très très gourmandes en ressources métalliques. Bonne nouvelle: «Dans le monde occidental, il y en a en moyenne 4,5 smartphones abandonnés par personne. Ce qui représente une énorme réserve de cobalt. En le récoltant, nous pourrions produire des batteries pour un million de voitures électriques», assure Marc Grynberg, le CEO d’Umicore. Le gisement est énorme. A titre d’exemple, le recyclage seul des modèles Samsung Galaxy Note 7, retirés du commerce en raison de leurs batteries défectueuses, pourrait produire 157 tonnes de cobalt, de cuivre et d’autres métaux rares.

De quoi enrayer les pénuries? Saisissant l’aubaine, l’ancienne Union minière belge annonce vouloir construire, en Europe, une immense usine de recyclage de smartphones. Si Anvers, avec son ancien site Opel, Genk (ex-site Ford) mais aussi l’ex-usine de Caterpillar (100 hectares) sont déjà en lice pour accueillir un tel projet, il n’est pas certain que cette usine, qui doit fonctionner à partir de 2020, s’installe en Belgique. Mais Umicore ambitionne de devenir un champion mondial des batteries, capable de rivaliser avec l’américain Tesla. A vos tiroirs, donc! La prochaine mine de cobalt sera belge et urbaine.

// L’info qui pique //

Un portable renferme, outre 50 % de plastiques, 10 grammes de cuivre, 6 g de cobalt, 4,5 g de graphite, 1,3 g d’étain, 1 g de nickel, 300 milligrammes d’argent, 247 mg de manganèse, 156 mg de chrome, 30 mg d’or, 12 mg de palladium, du platine, du tantale, du tungstène, des terres rares comme le néodyme et le praséodyme…

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité