Oxfam: on se demande si le milieu humanitaire n’a pas attiré des prédateurs

Un magazine de droite extrême lance #balancetonhumanitaire. Le pire, c’est qu’on doit lui donner raison.

Oxfam ©BelgaImage

Oxfam a rendu public son rapport sur les déviances de sa mission en Haïti. Contre un “départ digne”, Roland Van Hauwermeiren, le directeur belge de son antenne locale, a reconnu avoir engagé des prostituées dont certaines auraient été mineures. D’autres employés ont été convaincus de harcèlement sexuel. On se souviendra que le séisme haïtien de 2010 a fait 200.000 morts et ruiné un pays déjà exsangue. Il y a pire que ces faits qui s’apparentent à du tourisme sexuel organisé par des gens qui passaient pour les derniers templiers de notre monde corrompu. Dans un premier temps (les premières dénonciations ont été soulevées en 2004 au Liberia), des plaintes ont été étouffées et les “indélicats” ont été éloignés sans bruit, parfois vers d’autres ONG. Oxfam a donc agi comme l’a longtemps fait l’Église avec les cas de pédophilie, le silence pour ne pas entacher une réputation qui détermine les dons privés et publics, comme l’engagement des bénévoles, célèbres ou ordinaires.

Plus terrible encore, ce scandale en soulève d’autres au point qu’on se demande si le milieu humanitaire n’a pas attiré des prédateurs qui savaient trouver là des proies dans la plus extrême vulnérabilité, ne pouvant quasi rien refuser contre de l’argent, des médicaments ou de la nourriture. Une directrice démissionnaire d’Oxfam parle de “culture de l’abus sexuel dans certains bureaux”. Mais on évoque plus de vingt organisations caritatives suspectées dans des pays comme le Népal, le Sud-Soudan, le Tchad, la Côte d’Ivoire. Certains faits sont des viols sur des enfants. Ces accusations sont si sérieuses que le gouvernement britannique a exigé des organisations caritatives un système de protection pour ceux qui devaient bénéficier de leurs services, pas être victimes de leurs sévices. La directrice d’Oxfam a appelé toutes les victimes à dénoncer les abus commis par ses 10.000 membres. Et puis a rappelé que, plus que jamais, ces victimes avaient besoin que les dons ne se tarissent pas. Cela aussi dit l’ampleur du problème.

 

Sur le même sujet
Plus d'actualité