Aux USA, des voix se lèvent contre les armes à feu

Après le choc, les réactions. Quelques jours après la fusillade dans un lycée de Floride, de nombreuses personnes réclament de nouvelles lois sur le port d’arme à feu aux États-Unis.

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17 morts. C’est le bilan catastrophique de la fusillade ayant eu lieu dans le lycée Marjory-Stoneman-Douglas à Parkland. Le tueur, Nikolas Cruz (un jeune homme de 19 ans) a avoué aux policiers être l’auteur des meurtres et se retrouve sous le coup de dix-sept chefs d’accusation pour meurtre avec préméditation. Depuis cette énième fusillade (la dix-huitième depuis le début de l’année 2018), des voix s’élèvent pour une législation plus dure à l’encontre des armes à feu. Parmi celles-ci, Mayim Bialik, l’une des stars de la série The Big Bang Theory. Dans une vidéo de quatre minutes postée sur les réseaux sociaux, elle demande à toute personne voulant influencer les politiques pour faire évoluer la législation d’agir. « Dites oui à la désobéissance civile », explique-t-elle, appelant les anti-armes à feu à participer le 14 mars prochain au National School Walkout, un boycott de 17 minutes des écoles en signe de protestation.

Mais elle n’est pas la seule à demander à Donald Trump de prendre des mesures et à critiquer vivement l’impact du puissant lobby proarmes (la National Rifle Association, soit NRA). Le discours d’une jeune lycéenne rescapée de la tuerie a fait le tour du web en à peine quelques heures. Lors d’un rassemblement contre les armes à Fort Lauderdale (Floride) ce samedi, Emma Gonzalez a donné un exposé passionné et très critique envers Donald Trump. « Si le président me dit en face que c’était une terrible tragédie et qu’on ne peut rien y faire, je lui demanderai combien il a touché de la National Rifle Association. En fait, je le sais : 30 millions de dollars », a-t-elle crié à la foule. Depuis 2004, la NRA a dépensé 179 millions de dollars (environ 143 millions d’euros) pour influencer la politique américaine.

De son côté, Donald Trump n’a pas évoqué la législation en vigueur sur les armes dans son discours après la fusillade, insistant plutôt sur « les problèmes mentaux » du tueur. « Nous nous engageons à travailler avec les autorités locales pour mieux sécuriser nos écoles et résoudre les questions liées à la santé mentale », a-t-il, entre autres, déclaré. Si Nikolas Cruz était en effet suivi pour des problèmes de comportement, il a également profité de la législation très laxiste en Floride pour acheter légalement son arme l’année dernière. Dans cet État du sud-est des États-Unis, posséder une arme dès 18 ans est légal, grâce au Deuxième amendement. Par contre, il est interdit de boire de l’alcool ou de jouer à des jeux d’argent avant 21 ans.

Aux États-Unis, le débat sur les armes à feu est rouvert, à chaque tuerie de masse. Ce fut par exemple le cas en 2012, après le massacre de l’école de Newtown. Une dizaine de stars hollywoodiennes avaient alors appelé à la mise en place d’un « programme politique » pour une régulation du port d’armes à feu dans une vidéo de deux minutes.

Fustigé pour son manque d’action en matière de législation sur le port d’armes, Donald Trump a également été vivement critiqué pour son attitude décontractée lors de sa rencontre avec les blessés de l’attaque et les secouristes. Le président américain a par exemple posé tout sourire, le pouce levé, pour une photo avec les victimes et soignants.

Le Huffington Post a comparé sa réaction à celle de son prédécesseur Barack Obama lors de situations similaires. « Une prise de parole (de Donald Trump, NDLR.) qui change des larmes et des discours d’Obama ». Durant ses deux mandats, l’ancien président n’avait cependant pas réussi à réformer la législation sur les armes à feu. Au lendemain de la fusillade, il a appelé à une législation « de bon sens » sur Twitter. Rappelons que chaque année, 30 000 personnes sont tuées par armes à feu aux États-Unis. En 2017, le pays connu que 135 jours sans fusillade de masse…

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