Bacon : laisse ton porc tranquille

Une vidéo choc tournée en Espagne dénonce une nouvelle fois les violences dont sont victimes les cochons d'élevages. Plaies ouvertes, difformités, ulcères géants,... Des images immondes qui laissent sans voix: la situation doit changer.

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Insoutenable. Difficile de qualifier autrement la vidéo postée par l’association Animal Equality. On y découvre d’horribles cas de maltraitance animale dans une ferme située à Alhama de Murcia qui fournit une marque de saucisses espagnoles, El Pozo, vendues partout en Europe. Des images cruelles qui sont à l’échelle de la taille de cet élevage : inhumain. On y voit des porcs à l’agonie, de nombreux animaux avec des abcès infectés, des ulcères et des hernies géantes, de graves malformations, mais aussi des mouches et larves sur les plaies ouvertes. Les cochons qui sont trop faibles pour se défendre sont piétinés ou mordus par d’autres, alors que de minuscules porcelets sont laissés pour morts, faute de soins.
 
Les membres d’Animal Equality ont déclaré qu’ils n’avaient jamais assisté à tant de cruauté dans un élevage, qu’il s’agissait sans doute de l’une des pires vidéos jamais tournées en Europe. « En ce qui concerne la négligence, c’est la pire situation que j’ai jamais vue. » expliquait Toni Shephard « Laisser tant d’animaux souffrir pendant des jours et des semaines défie toute croyance. » En effet, malgré les mises en garde, malgré les dizaines d’images capturées par les associations de défense animale dans l’enceinte des fermes industrielles et diffusées à large échelle, on reste toujours sans voix face à de telles horreurs. Comment est-il possible que de telles maltraitances existent ? Comment laisse-t-on à ce point une situation déraper ? Il est impossible de s’habituer à de telles scènes.

Ranger ces pratiques au musée des horreurs

Pour conclure, Toni Shephard a déclaré que l’enquête menée en collaboration avec Salvados, un programme de télévision d’investigation espagnol, a révélé que sur la ferme d’environ 900 porcs, il y avait au moins une douzaine de hernies multiples, d’abcès et de plaies ouvertes, et que ces cochons étaient dispersés parmi les groupes et dans des conditions dégoûtantes. Le fermier, lui, a déclaré que les animaux malades étaient isolés et a totalement nié leur souffrance. N’est-il pas temps de ranger ces pratiques au musée des horreurs ?
 
En Belgique, on tue encore quelques 860.000 animaux par jour, pour notre consommation. Le Belge mange donc chaque année l’équivalent de son poids en viande. Un nombre qui échappe à notre représentation, mais qui nous est rappelé à l’esprit grâce à des associations comme L214 ou Animal Equality, sans qui nous resterions dans l’ignorance. Si les grandes surfaces, les entreprises agroalimentaires et certaines techniques marketing matraquées ont mis des décennies à effacer le lien entre le cochon vivant et la tranche de jambon sans couenne qui trône dans notre assiette, il est encore temps de faire marche arrière. Les pratiques industrielles concentrationnaires ne conviennent pas aux animaux, quels qu’ils soient. On a pu le constater à Tielt, en Flandre occidentale, à Wingene, à Doux, en Vendée, à Alhama de Murcia, dans les Yvelines, dans les Côtes d’Armor,… C’est suffisant.

 

 

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