La Twictée « motive » les enfants à la dictée

Les réseaux sociaux volent parfois au secours de la qualité du français. Avec la Twictée, la contraction de Twitter et dictée, de nombreuses écoles en France et en Belgique veulent "booster" l'attrait pour la dictée et l'orthographe

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Derrière les murs des écoles, les avis sont encore aujourd’hui partagés à propos de l’apparition des tablettes dès le plus jeune âge. Certains projets peuvent vraiment permettre une interaction positive entre les enfants, les tablettes et même les réseaux sociaux. C’est l’objectif de la Twictée. Il s’agit d’un dispositif d’apprentissage et d’enseignement de l’orthographe qui utilise le réseau social Twitter.

Au travers de « petites leçons d’orthographe », à la fois explicatives et correctives, les élèves échangent avec d’autres au travers de « twoutil ». Le twoutil est une petite leçon d’orthographe de 140 caractères qui sert aux enfants à éviter les erreurs par la suite. Pour l’enseignant, cette nouvelle méthode offre une nouvelle façon d’aimer l’orthographe aux enfants. La dimension sociale du réseau autorise les échanges entre twittclasses venues des quatre coins de la francophonie.

© leprof.be / Yves

Avec la twictée, l’enseignant cherche à développer chez les élèves la vigilance orthographique, la capacité à se corriger… Pour les élèves la première phase consiste en une dictée individuelle « traditionnelle » suivie de la phase des twoutils. Cette dernière va permettre à chaque groupe/élève de corriger sa production initiale. Sur le site prof.be, des témoignages d’enseignants montrent une curiosité pour ce sujet : « Pour certains, il s’agit d’une mode et pour d’autres, d’un moyen d’utiliser les tablettes en classe. Même s’il y a un peu des deux, la Twictée, c’est bien plus que ça ! Après une année à l’expérimenter, j’en suis convaincu : le dispositif dédramatise la dictée à l’école et permet aux élèves de donner véritablement du sens à la relecture orthographique », témoigne Yves, un enseignant.

© leprof.be / Yves

Pour les professeurs, la phase la plus riche du dispositif est sans contexte l’écriture des twoutils. « Ce dernier explique au groupe de la classe les erreurs à corriger. Chaque erreur est catégorisée en balises, classées en trois grandes familles : l’orthographe d’usage, l’orthographe grammaticale et la structure. Ainsi, nous aurons le plus souvent à placer la balise #AccordSV pour indiquer un accord manquant entre le sujet et le verbe ou encore #AccordGN pour les accord  du groupe nominal », témoigne encore ce professeur. Plusieurs écoles belges testent depuis deux ans la twictée, comme à Noville près de Bastogne, à Seneffe ou encore à Uccle, mais le phénomène reste encore réellement méconnu en Belgique.

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