Petits objets, grande pollution

Ce samedi, c’est la journée internationale sans paille. Anecdotique ? Pas tellement. Cet accessoire d’apparence inoffensive est source de pollution. Et il est loin d’être le seul…

Une décharge au Nicaragua © Unsplash / Hermes Rivera

Arrivé à 8h30 au bureau, direction la machine à café. Le liquide chaud se déverse dans un gobelet jetable auquel vous ajoutez une dose de sucre venant d’un petit paquet individuel. Vous mélangez le tout avec une touillette en plastique. En à peine deux minutes, vous avez produit trois déchets différents. Et cette situation n’est pas la seule génératrice de détritus superflus. Cotons-tiges, brosses à dents, cotons démaquillants, bouteilles de shampooing-douche, pailles… Au quotidien, ces objets passent de nos mains à la poubelle en une vitesse record. Chaque jour, l’activité humaine produit plus de 10 milliards de kilos de déchets dans le monde. C’est pour sensibiliser la population à cette problématique que plusieurs associations environnementales organisent cette année la journée internationale sans paille. En effet, un milliard de pailles sont utilisées et jetées chaque jour dans le monde. En Belgique, il s’agit de 1,6 milliard de pailles consommées par an pour le secteur de la restauration rapide auquel il faut ajouter les chiffres de la consommation privée. Les pailles en plastique ne peuvent malheureusement pas être recyclées, car elles sont trop petites, trop légères, trop fines, et ne peuvent pas aller dans le sac bleu PMC.

Non recyclés, la plupart des déchets se retrouvent sur les plages et dans les océans, causant des effets dévastateurs sur la vie marine. Chaque année, un million et demi d’animaux maritimes meurent à cause du plastique qu’ils ingurgitent. Pourtant, des alternatives existent. C’est la mouvance zéro-déchet.

Les pailles

Au lieu de celles en plastiques, les adeptes du zéro-déchet privilégient les pailles en papier compostable et biodégradable, ou celles réutilisables en bambou, en acier inoxydable ou en verre.

Les cotons-tiges

Bientôt interdits à la vente en France, ces petits bouts de plastique font partie des déchets les plus présents dans les milieux aquatiques. Ils y relâchent des substances chimiques et viennent s’agglomérer au continent plastique. De plus, ils risquent de perforer les organes des oiseaux et des poissons qui les ingèrent. Et quand on sait qu’ils sont également nocifs pour la santé, on se demande bien ce qu’on attend pour s’en débarrasser et les remplacer par des cotons-tiges biodégradables, des cures-oreilles japonais, ou un nettoyeur d’oreille en spirale réutilisable.

Les cotons démaquillants

Un coton le matin pour rafraîchir la peau, un coton le soir pour se démaquiller le visage. En une semaine, c’est quatorze cotons que vous mettez à la poubelle. Pour contrer cette mauvaise habitude, il existe des cotons démaquillants réutilisables en bambou, eucalyptus ou coton. Ils sont lavables en machine ou à l’eau et réutilisables entre 300 et 500 fois. La planète, et votre porte-feuille vous diront merci.

Les brosses à dents

Chaque année, plus de 4,7 milliards de brosses à dents finissent dans les décharges et vont jusque dans nos océans. La majorité d’entre elles ne se recyclent pas, car elles sont composées de plusieurs types de plastique. Leur dégradation met entre 100 et 1000 ans ! L’alternative : la brosse à dents en bambou Moso ou en bois de siwak (un bâtonnet qui contient des nettoyants, des désinfectants et même des fluorures).

En plus d’être plus respectueux de l’environnement, le mode de vie zéro déchets permettrait de faire des économies de 20 à 40% sur le budget total d’un ménage.

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