Les questions étranges que l’on pose à Google

« Pourquoi le ciel est bleu? » et « Comment fait-on des crêpes? » semblent être des interrogations massives en Belgique. L'occasion de se poser une autre question : Pourquoi les moteurs de recherche uniformisent-ils notre société?

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Vous l’avez tous déjà remarqué : en faisant une requête dans Google, le moteur de recherche propose automatiquement des suggestions en fonction des mots les plus fréquemment associés au terme que vous demandez. En bref, si vous tapez «  Jennifer Lopez  » dans Google, le premier mot qui vient s’y coller est « âge », à croire que des milliers de gens se demandent par quelle recette miracle la chanteuse semble avoir 25 ans depuis… 20 ans. Mais certaines personnes utilisent le moteur de recherche pour poser des questions bien moins factuelles. Et finalement, ces interrogations résument parfaitement les difficultés de la vie d’adulte à notre époque.

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La première question que l’on a posée en 2017 est « Comment rencontrer Dorian Rossini? »

On a beau avoir envoyé un homme sur la lune, découvert comment créer de l’anti-matière et construit des bâtiments comme le Taj Mahal et la pyramide de Kheops, il semble toutefois que l’on ai encore des difficultés à résoudre les énigmes les plus basiques de la vie. C’est ce qui ressort de la liste des phrases que l’on tape le plus souvent dans Google. En Belgique, par exemple, la première question que l’on a posée en 2017 est « Comment rencontrer Dorian Rossini? » Et c’est assez dérangeant de le savoir. Parce que ce Dorian Rossini, c’est un Mickaël Vendetta 3.0, un homme qui se pense plus beau, plus intelligent et plus talentueux que tout le monde : il affirme très modestement être la réincarnation de Dieu. Autant dire qu’on aimerait pas spécialement rencontrer le spécimen.

Google agit en tant que thérapeute virtuel

Parmi ses nombreuses utilisations, Google agit en tant que thérapeute virtuel, chef cuistot, comportementaliste des animaux et médecin, selon ce classement. Dans la longue liste des interrogations nationales, on retrouve en tête de classement « Comment faire des crêpes? », « Comment dessiner? », « Comment faire l’amour? », « Comment tomber enceinte? » et « Comment supprimer un compte Facebook? » Soit manger, s’occuper, se reproduire et… préserver sa e-réputation. Heureusement que l’on a Google pour assouvir notre curiosité et nos besoins les plus basiques.

« Comment faire des crêpes? », « Comment dessiner? », « Comment faire l’amour? »

Laissons de côté le second degré une seconde : ces recherches, aussi naïves soient-elles, peuvent être perturbantes quant à notre compréhension du monde. Ajoutez à cela « C’est quoi le bonheur? » et « Pourquoi le ciel est bleu? », qui font également partie des requêtes les plus fréquemment posées, et l’on a réellement l’impression de vivre au pays de Oui-Oui. Le risque, c’est justement de passer à côté de l’information, de ne pas se l’approprier pour la simple raison qu’elle semble nous attendre dans une boîte magique nommée Google. Toutes ces statistiques résultent d’une moyenne : celle des questions que l’on se pose. Mais à se laisser porter en permanence par les choses qu’on nous préconise, la société pourrait elle-même se transformer en agrégation d’« hommes moyens ». C’est ce qu’on appelle l’idiocratie.

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