Donald Trump, le génie incompris

Donald Trump, on croyait en avoir fait le tour mais il nous surprend toujours.

Donald Trump ©BelgaImage

En fait, ce n’est pas le comportement de “l’acteur-harceleur” Kevin Spacey qui a condamné la série House of Cards, c’est l’inventivité de Trump qui a rendu impossible la tâche des scénaristes. Comment imaginer plus cynique et plus imprévisible que le véritable locataire de la Maison Blanche? Épisode antépénultième: ce mardi 9 janvier (on écrit ceci le 8) sort aux USA Fire & Fury (Le feu et la fureur) sur les coulisses de l’élection et les premiers mois à la tête de l’État du nouveau Président des États-Unis (à chaque fois, on frissonne en tapant ces mots-là). Les fuites organisées d’un livre basé sur 200 témoignages ont déjà obligé Trump à démentir (il avait lui-même permis à Michael Wolff d’interroger ses proches collaborateurs). Donc: sa présidence n’est pas chaotique, son ex-conseiller adoré, le sulfureux Steve Bannon, est en fait un fou sans envergure (il accuse la famille Trump de trahison) et lui-même n’est pas un idiot prostré dès la fin de l’après-midi devant trois télés géantes. Non, il l’a tweeté: il est un génie, équilibré en plus. Il n’y a qu’à regarder son parcours pour s’en convaincre: homme d’affaires rutilant, star adulée de la téléréalité et Président au premier essai. 

Son idée fixe: éradiquer l’héritage Obama

Les journaux américains ont évidemment tout de suite conclu que le ton de cette autocélébration était le plus sûr moyen de faire douter de ses capacités intellectuelles. Ils sont cruels ces médias. Ils pourraient quand même lui reconnaître la volonté d’aller au bout de son idée fixe: éradiquer l’héritage Obama. En 2010, la marée noire causée par l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique avait coûté plus de 60 milliards aux États-Unis et le Président démocrate avait instauré de strictes mesures de sécurité pour ce genre d’extractions et les avait interdits dans les eaux fédérales. Sans faillir, Trump vient de supprimer ces réglementations, cadeau au passage de plusieurs centaines de millions aux compagnies pétrolières, et de permettre des extractions sur 90% des zones maritimes américaines. C’est les pélicans qui sont contents.

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