3, 2, 1,… Bonne nuit !

Vous voilà à peine remis de la bûche triple épaisseur chocolat crème fouettée de Noël qu’il vous faut à nouveau préparer votre foie pour une festivité où la société tout entière est obligée de s’amuser : le Nouvel An.

New Year © Unsplash / Jerry Kiesewetter

Mon meilleur Nouvel An, je devais avoir 16 ans. Je découvrais pour la première fois le bonheur de l’alcool sans contrôle parental et j’apprenais avec joie que le volume d’une sono pouvait aller au-delà de quatre. Une amie avait organisé la soirée dans sa maison et nous étions environ vingt adolescents à nous déchaîner sur les beats de Party Rock Anthem de LMFAO, gros tube (regretté) de l’époque. Depuis cette nuit blanche infernale, je n’ai connu que des déceptions lors de la nuit du 31.

Tout commence quelques semaines avant ladite soirée avec LA question fatidique : « Tu fais quoi pour le Nouvel An ? ». Une question qui donne des sueurs froides à toute personne normalement constituée. Parce que oui, quand on a la vingtaine, il FAUT apparemment faire quelque chose ce soir-là. Celui qui répond : « Je vais manger du fromage devant Black Mirror avec mon chat », prend le risque de passer pour un loser, voire un psychopathe. Une injonction sociale voudrait qu’il s’agisse en effet de « la soirée du siècle », digne de Projet X et Very Bad Trip réunis.

S’ensuit alors une stratégie pour trouver « la soirée de l’année » au risque de se retrouver seul entouré d’inconnus chez le copain d’un ami de votre cousin qui vous a pris en pitié. Et la liste des propositions regorge d’inventivité. Soirée à forfait avec buffet à volonté et coupe de champagne offerte (Dafalgan non compris), grosse raclette chez Tata Germaine, souper au resto à condition d’avoir réservé 8 mois à l’avance, soirée à thème où personne ne sera déguisé, ou encore le marathon des quatre soirées auxquelles on est invité et où l’on finira par crier « Bonne année » dans le métro entre deux étapes… Les suggestions ne manquent pas.

Le Jour J, il s’agit donc de prendre une décision cruciale sur le lieu où l’on hurlera de joie devant une horloge qui passe de 59 à 00. Mais avant de quitter son plaid bien douillet pour se les geler dehors, il faut passer par une étape indispensable : se mettre sur son 31. Car pour une raison totalement inconnue, il est interdit de fêter la nouvelle année en jeans et bottines, n’en déplaise aux conditions climatiques. Les uns se glissent donc dans des chaussures en cuir trop serrées et enfilent une cravate qui finira enroulée sur leur front après trois verres de Cava. Les autres se parent d’une robe à paillettes (-30% chez Zara) et de bas beaucoup trop fins laissant passer le froid hivernal. En ajoutant l’étape maquillage, coiffure, rasage, manucure, votre prime de fin d’année a déjà diminué de moitié. Mais faites un effort, c’est « la soirée du siècle ».

Arrivé sur les lieux du carnage, il faut alors se faire des amis/éviter le type déjà trop bourré/chopper le meilleur zakouski/changer la playlist Spotify « tubes from the ’70s »/détruire tous les chapeaux de fête/se faire pote avec le/la photographe/fuir le/la lourd(e) qui vous emmènera sous le gui à minuit (biffer la mention inutile). La « Bonne année » proclamée et les bises claquées, tout est alors dans l’art et la manière de se glisser discrètement vers la sortie pour ne pas se faire traiter de « rabat-joie qui quitte la soirée supeeeeeeeer tôt, allez viens on allait danser la Macarena« . Fuyez, avec un peu de chance vous serez rentré à temps pour Le Bêtisier de l’année. Et rassurez-vous, l’année prochaine, ce sera « la soirée du siècle ». Promis.

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