Tex renvoyé: tout le monde n’a pas accès au second degré

Tex est renvoyé. Mais, totale injustice, Les Grosses Têtes continue. Que fait la police du langage?

Desproges ©DR

Après dix-sept ans au service des Z’amours, Jean-Christophe Le Texier s’est fait débarquer par France 2, conséquence d’une blague d’un autre temps, celui d’avant #balancetonporc, proférée sur la chaîne C8. Et Anne Roumanoff, Jean-Yves Lafesse ou Patrick Sébastien de prendre sa défense. On peut le comprendre entre humoristes libres-penseurs… Mais arrêtons l’ironie. On le sait depuis le sketch Marrakech, que des Arabes, qui valut des ennuis à Guy Bedos: tout le monde n’a pas accès au second degré. Prenons plutôt de la hauteur. En 1990, l’avocat Mike Godwin énonce sa loi: plus un débat dure, plus on risque, à bout d’argument, d’évoquer Hitler ou les nazis. Ce fameux point Godwin adapté à notre ère de l’ultra-politiquement correct, on pourrait imaginer une “loi” en l’honneur du regretté Pierre Desproges qui, dans un bel égalitarisme, fit de l’humour avec les nazis, les Juifs, le cancer, les bergers allemands, le FN français et Françoise Sagan. On atteindrait le point Desproges quand, usé par le puritanisme ambiant, on en viendrait à soupirer qu’aujourd’hui Coluche serait bâillonné et Jean Yanne exilé.

On remarquera que ces merveilleux salopards ont pris la précaution de mourir. C’est qu’en 2017, il vaut mieux surveiller sa communication. Rien que ce week-end, certains ont pris cher. Le footballeur Antoine Griezmann, amateur de basket US, s’est affiché en Harlem Globetrotter… forcément noir. Délit de “blackface”, il a retiré son post. La rousse Miss France a expliqué que c’était son tour après une blonde, une brune et… une crinière de lionne. Allusion raciste, elle s’est excusée. En comparant Bruxelles à une prostituée, le ministre Pascal Smet s’est fâché avec sa ville et avec les prostituées. Strike. Face à la pruderie généralisée, il reste Les Grosses Têtes, espace de liberté où règnent toujours les improvisations de fin de repas autour des homos, des femmes, des préjugés communautaires et de Mimie Mathy. Ou à se souvenir encore de Desproges: “On peut rire de tout mais pas avec tout le monde”. Plus délicat à appliquer. 

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