Le PS fort (ou disons pas trop faible?), ce sera “sans Di Rupo”

Il faudra le lui dire comment, à Elio, que le PS ne lui appartient pas ?

Elio Di Rupo ©BelgaImage

On applaudit! Ah si! Parce que c’est une grande première! Un cador socialiste exprime enfin publiquement ce que personne n’ignore: un PS fort (ou disons pas trop faible?), ce sera “sans Di Rupo” mais avec Paul Magnette “qui incarne l’avenir”. C’est Jean-Pascal Labille qui, ce week-end, enfonçait cette porte ouverte. Mais Labille, c’est du pesant: il est patron de Solidaris. Sous les pieds d’Elio s’écroule donc un des trois piliers de soutien socialiste: sa mutualité. Dans les heures qui suivent, une autre colonne s’affale haut et fort: le syndicat. Pour la FGTB wallonne, Thierry Bodson en remet une couche: “Sans une gauche renforcée en 2019, ce sera un cataclysme social dans les cinq ans. Et avec Elio, ça ne marchera pas”. C’est clair, maintenant? Non. Toujours pas pour le troisième pilier: le parti. Ou plutôt pour le petit cercle des proches “di rupiens” de l’appareil PS, qui envoie… André Flahaut défendre le mollusque accroché à sa présidence comme une moule à son brise-lame. Les autres? Ils se désolent en privé. D’Elio qui confisque le PS dans une autogonflette pathétique. D’Elio qui, après deux ans de “Chantiers des idées”, croit avoir inventé le nouveau Spa citron: l’éco-socialisme (alors que l’écologie est déjà partout). D’Elio qui, après avoir échoué à éradiquer ses “parvenus”, nous fait grâce d’une ultime démonstration d’impuissance: dans sa propre ville de Mons, l’échevin PS Pascal Lafosse pille les moyens d’une ASBL sociale pour sa propagande politique. Sous son nez! La parabole est superbe. Mais le PS continue d’assister à son autodestruction. Ce qui, direz-vous avec raison, est son problème. Sauf que pas tout à fait. Avec ce (reste de) PS-là, personne ne veut et ne voudra gouverner. Or, calculette en main, les derniers sondages donnent une Wallonie à 60-65 % de gauche/centre-gauche (même avec un PS dégringolé). La Wallonie de droite/centre-droit plafonne au mieux à 35 % (extrême droite comprise). Dans une sorte de négation démocratique, une Wallonie de gauche est déjà gouvernée à droite. Au mieux, elle continuera de l’être avec cet Elio-PS qui continuera de rebuter jusqu’en 2019. Au pire, elle deviendra ingouvernable. Merci Elio.

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